Adolescent victime d’angoisse: Comment l’aider à gérer ses angoisses

Adolescent angoissé

Bien évidemment, j’ai été adolescent. Et j’en garde des souvenirs mémorables. Je garde aussi le souvenir – fort – des angoisses, doutes, et autres inquiétudes qui ont nourri ce passage obligé de la vie d’enfant à celle d’adulte. Des années durant, j’ai été percuté par de l’angoisse dont je ne percevrais tout l’intérêt que des années plus tard. Comme beaucoup d’adolescent, j’ai payé un tribut assez onéreux à mes émotions. Et, à ce propos, j’ai récemment reçu le message suivant:

Mon enfant de 16 ans a, depuis l’âge de 12 ans, des crise d’angoisse. Elles ont été occasionnelles. Durant ses années collège, une à deux fois par an (peur dans un supermarché, cinéma, magasin) mais, depuis le lycée, c’est continu (peur de prendre le bus, peur en classe). Il ne fuit pas les situations mais a de plus en plus de mal à supporter ses angoisses.
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J’essaie de comprendre pourquoi il est si angoissé car il dit ne pas savoir pourquoi. Il a des crises d angoisses. A mon avis il a peur de ne pas réussir et, par ailleurs, je pense qu’il na pas du tout confiance en lui car il se sent toujours inférieur aux autres. Ses relations amicales sont de plus en plus restreintes, il en souffre d ailleurs. 

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Parfois il est aussi agressif. Pour l’instant il a un traitement à base de plantes pour la relaxer. Il a déjà fait de la sophrologie mais il a voulu arrêter. Je sais que vous pouvez l’aider mais à son âge que peut t-il faire, qu’il comprenne et qui soit facile a effectuer? Et surtout lorsque ses crises surviennent en classe?
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J’envisage aussi de prendre un rendez-vous avec un psy. Pensez vous cela utile? J’espère que vous me répondrez car je suis vraiment désemparée et souffre aussi de la voir lutter tout le temps.
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Cordialement

Comme je m’y suis engagé auprès de cette maman, voilà ce que je réponds aux angoisses de cet adolescent et à cette maman si inquiète.

Adolescent et confiance en soi

Moment exaltant mais parfois, ô combien douloureux, que celui de l’adolescence. Cette période de transition où l’on quitte son univers d’enfant tout en ayant un désir ardent de prendre des risques. De s’affirmer. Se préparer à une vie d’adulte qui commet ses expériences en toute impunité. Du moins le croient-ils.

Prendre des risques, qu’il soient affectifs, sentimentaux ou sociaux, posent nécessairement la question de savoir si l’adolescent arrive à ses fins ou pas. Se pose donc la question de la peur du jugement. Confronté bien jeune au problème de la réussite comme de l’échec, les adolescents ne craignent que trop d’être jugés par leurs pairs. Ainsi, d’être mis Adolescent, et confiance en soià l’écart ou exclus de groupes s’ils ne réussissent pas.

La question que pose la confiance en soi à ce propos fait partie intégrante du développement de l’adolescent. Comment s’affirmer? Prendre des risques sans crainte d’être jugé? Comment éprouver ses propres limites sans peur d’échouer?

Comment accepter que le passage de l’état d’enfant à celui d’adulte en devenir est une période de latence pour le moins difficile. Et porteuse autant de plaisirs que de déconvenues. A ce moment, les angoisses sont le lot commun de tous les jeunes qui ont peur de ne savoir être. Angoissés à l’idée de ne savoir faire.

Adolescent et image de soi

Du plus loin que je remonte dans mes propres souvenirs, et tout comme je l’observe avec mes propres enfants, les questions d’image de soi et d’estime de soi sont à prendre en compte dans l’affirmation de soi. Dans les prémisses de l’adolescence comme au cours de l’adolescence elle même, les corps évoluent. Et ce, d’une façon telle, que les notions de séduction et de plaisirs des sens sont des vecteurs désirés et craints à la fois.

Le corps évolue et prend forme. Les autres regardent et désirent. S’expriment ou non. A ce propos comme à d’autres. Parfois, si ce n’est souvent, ils se taisent dans un silence qui hurle une douleur intérieure.

De la même façon que chez les adultes, l’être humain n’a de cesse de se comparer à l’autre en fonction de ses propres désirs. L’autre, quand il est ce qu’un adolescent aimerait être, devient à la fois un objet d’envi. De fantasmes. Voire de jalousie. Parfois de haine. L’autre, ou les autres, rappellent souvent à celles et ceux en difficulté leur propre douleur à être. Et aussi, les convainc qu’ils ne seront jamais ce qu’ils aspirent à être. Cela tient à leur façon d’être et de faire. A leur prétendue facilité à exister parmi les autres.

L’autre, objet de comparaison, est mu par des facilités qui sont les siennes propres. Or, nul n’est besoin de se comparer. L’autre n’est pas moi. Et vice et versa. Je suis, peut être, mais n’existe pas. Je ne me pense pas reconnaissable ni reconnu par les autres. J’aime être et exister avec eux. Mais, pour toutes les raisons invoquées précédemment, je m’inhibe.

Comment aider un adolescent pour qu'il ne souffre plus d'angoisse?

Une comparaison incessante

Chaque évènement de la vie d’un adolescent est objet à la fois d’excitation et d’angoisses. Vivre les inter actions avec ses amis comme avec ses camarades de classe revêt un caractère exaltant. Parfois mortifère voire morbide. Le lieu scolaire est un endroit où les questions de positionnement sont très vivaces, et très forts. Ah, ces beaux élèves intelligents et qui, scolairement, réussissent.

En qualité d’adolescent, on pardonne toujours à un autre adolescent. Élève médiocre mais si beau ou si belle. Celles et ceux, qui s’estiment physiquement ordinaires, et scolairement moyens, ont du mal à trouver leur place. C’est comme cela que, très souvent, il n’est pas bon d’être beau et bon élève dans un environnement où les autres réussissent moins,. Voire sont moins beaux. Et, dans certains cas peut-être, issus de milieux sociaux moins favorisés que d’autres.

En ce cas, l’élève, l’adolescent qui réussit scolairement, est mis à l’index au nom de l’appartenance au groupe lequel fonctionne suivant un code: le nivellement par le bas. Il devient donc extrêmement difficile à un adolescent de trouver sa place. Autant en haut qu’en bas. Confronté à ses propres résistances, il est objet de paradoxes terrifiants.

Le bouc émissaire du groupe

S’il est scolairement bon, mais physiquement mois attractif que d’autres, il prend le risque d’être mis à l’écart. Il ne le sait que trop. Il peut donc avoir tendance à limiter ses compétences scolaires. Au prix, il est vrai, de sa propre réussite. Et ce tout en ayant conscience du risque qu’il prend d’échouer socio professionnellement.

C’est le prix qu’il paie pour être avec les autres. Pour ne pas être seul. Pour autant, l’adolescent sait que ce n’est pas bon pour lui. Mais il ne sait faire autrement. Second paradoxe possible, il commet l’inverse. S’il maintient ses compétences scolaires, il risque d’être mis à l’écart d’un groupe entier. Lequel ne se reconnaît que dans le nivellement. L’adolescent ne veut pas changer, bien qu’il souffre du prix à payer pour être qui il est, comme il est.

Dans les deux cas, chaque membre de chaque groupe, soutenu par les autres, a tôt fait d’humilier l’adolescent ou l’adolescente qui dénote par sa différence. Ainsi, cet autre, l’adolescent en souffrance, est le pharmacoï du groupe. Son médicament. Son bouc émissaire. Mis en situation d’exclusion, le groupe se rassure à confirmant sa capacité à s’affirmer. De fait, il donne la preuve à l’adolescent exclu, que le groupe agit en qualité de référent. Qu’enfin, ce même groupe a droit de vie et de mort sur chaque membre du groupe social composé par le groupe classe.

L’adolescent, cet océan de contradictions

Inéluctablement, chaque moment qui rapproche ou confronte l’adolescent de façon directe à ses peurs (le trajet pour se rendre au collège ou au lycée, la classe elle même, le restaurant scolaire, etc.) est un moment de construction de toutes les angoisses possibles. L’adolescent en souffrance a toutes les raisons de s’inquiéter. De redouter de ces moyens ou de ces lieux qui le confrontent à une réalité qu’il aimerait fuir tout en ayant le désir – secret – d’y trouver sa place. C’est un paradoxe supplémentaire qui ne peut que rendre l’intéressé agressif.

Ne pas trouver sa place. Échouer à la construire. Ne pas trouver l’équilibre. Autant de facteurs qui font souffrir et renvoie à l’ado une image dévalorisée de lui même. L’adulte, quand il tente de comprendre, n’est vécu que comme un vieux machin qui n’a jamais été adolescent. Il ne peut pas comprendre. Quand l’ado n’arrive pas à construire l’affirmation deLes questions d'adolescent lui même, c’est à lui qu’il s’en prend? Et ce dussoit-il devenir agressif pour s’affirmer. C’est un moyen de subsister qui en vaut bien un autre.

Évoluant dans un océan de contradictions, l’adolescent est d’autant plus agressif avec son environnement affectif, en l’espèce je pense à l’environnement familial, qu’il peut en vouloir à sa propre famille. A ses propres parents. Être et subir ce qu’il est. Souffrir.

Last but not least, à son tour, l’adolescent exerce son droit discrétionnaire de faire porter la responsabilité de ses propres malheurs à d’autres. Il souffre d’angoisses quant à la difficulté d’exister. De s’affirmer. D’avoir confiance en lui. Il est donc légitime à réagir de la sorte.

Aider un adolescent à gérer ses angoisses

La famille devient un lieu d’expérimentations d’affirmation de soi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle beaucoup de parents nomme l’adolescence un âge ingrat: “Après tout ce que l’on a fait pour eux…”. A son tour, comme le groupe d’âge avant lui, l’adolescent exerce son droit de vie et de mort (symboliquement) sur ses proches. Il n’existe qu’en faisant mal. En imputant cette responsabilité à d’autres qu’à lui même. Ne dit-on pas qu’il est toujours plus facile de voir la paille qu’il y a dans l’œil de l’autre que la poutre dans le sien?

La plupart des parents confrontés à un adolescent en difficulté vont essayer et de comprendre. Et d’intervenir pour instaurer un changement. Autant que vous le sachiez tout de suite. C’est peine perdue. Comprendre n’apporte aucune solution. Intervenir risque de tourner à l’incompréhension mutuelle. Puis à l’affrontement. Chacun repart désolé, et souffrant plus encore. Ce qui aggrave les angoisses des uns et des autres. Chacun renvoyant à l’autre la responsabilité de cette douleur.

Adolescent et phobie scolaire

Certains adolescents, victimes d’angoisses au sein même de leur établissement scolaire, sont parfois atteints de phobie scolaire. Et quand un adolescent souffre de ces troubles anxieux, c’est que cette phobie est l’expression de son anxiété sociale. Il se protège de ses angoisses grâce à la phobie. La rupture est ainsi consommée. C’est la première chose qu’il convient d’éviter. Autant que faire se peut.

En cas de crise d’angoisse pendant un cours, il convient que l’adolescent puisse s’isoler. Et, surtout, ne contrôleAngoisse d'adolescent, et phobie scolaire pas sa crise. J’évoque la nécessité de ne pas contrôler les angoisses en feignant qu’elles n’existent pas. Il est totalement inutile de se rassurer. Improbable et improductif de se convaincre que cela va passer. Cela peut effectivement passer. Mais au prix de souffrances très pénibles.

Dans un premier temps, il suffit que les parents informent les enseignants. Sans préciser de quoi il retourne de façon précise. En demandant que les profs soient bienveillants. Qu’ils laissent le soin à l’adolescent de faire quelques exercices relaxation dans le couloir par exemple.

En cas de crises d’angoisse, faut-il consulter?

Il est toujours important de verbaliser. Allez consulter un psy avec votre enfant est une bonne chose. Mais pas n’importe qui. Et pas dans n’importe quelle discipline thérapeutique. En règle générale, un ado ne parle pas à ses parents de la réalité de ses problèmes. Du moins tels qu’il les subit. Malgré eux, les parents sont les plus mal placés pour entendre la parole de leur enfant.

Si la relation parents-enfants est altérée par les angoisses de l’adolescent, lesquelles peuvent être majorées par les angoisses des parents, il convient de consulter. Ainsi, chacun peut trouver un espace de parole privilégiée. A titre individuel, comme à titre familial.

Chère madame. La réponse à votre question quant à savoir s’il est opportun de consulter est affirmative. Mais, ne consultez pas n’importe qui. Prenez le temps d’entendre les compétences de chacun des psy que vous contactez. Essayez de trouver des références les concernant. Et, quel que soit votre choix, souvenez vous. Rien n’est jamais figé. Rien n’est définitif.

Aider l’adolescent à verbaliser

Dernière chose. Je vais me faire des ennemis mais essayez d’éviter les psychiatres. A moins que l’un d’entre eux vous soit trés trés chaudement recommandé.  Les problèmes de votre adolescent ne relèvent pas de leurs compétences. Par ailleurs, certains d’entre eux tiennent des propos normalisateurs à crever. Lesquels propos obèrent la parole de votre enfant et risquent d’aggraver ses problèmes de confiance en lui.

Comment aider un adolescent victime d'angoisse

 |  Frédéric Arminot

Comment reprendre le contrôle de votre vie facilement et rapidement

2 Commentaires: “Adolescent victime d’angoisse: Comment l’aider à gérer ses angoisses”

  1. Bonjour Annaëlle,

    Je suis désolé que votre maman ne soit pas à votre écoute. Peut-être pourriez-vous en parler à votre père, ou prendre l’initiative de prendre rendez-vous avec votre médecin traitant pour qu’il intervienne auprès de votre mère, et l’invite à vous aider à consulter.

    Dans l’intervalle, je vous invite à prendre le temps de consulter le blog dans lequel vous trouverez plus de 300 articles liés à vos problèmes d’angoisses.

    Sur ma chaine YouTube vous trouverez aussi un certain nombre de vidéos qui pourront vous aider.

    N’hésitez pas à me solliciter si vous avez des questions. Prenez bien soin de vous.

  2. Blairon dit :

    Bonjour , je m’appelle Anaelle et j’ai 12 ans bientôt 13 j’ai exactement les mêmes problèmes mais ma mère dis que ça ne sert à rien de consulter, comment faire

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