Hypocondrie: Comment traiter la peur de la maladie en moins de 2 mois

Hypocondrie

Je reconnais qu’il est assez rare que des personnes souffrant d’hypocondrie me consultent. C’est fois-ci, même si je ne voulais pas le voir, ou à tout le moins en prendre acte, il est malade. Très malade. Au surplus, il semble apeuré comme traqué. Il, c’est Marc. 40 ans, technicien spécialisé. Il vient de province. N’en peux plus. A mal à la gorge. Mal au ventre. A souvent des migraines. De l’arythmie cardiaque.

Il a consulté bien des médecins généralistes comme des spécialistes. Subi des examens de toutes sortes. Souffre-il d’hypocondrie? A t’il peur d’être malade, peur au point d’avoir peur de mourir? A t’il peur des maladies au point de ressentir une angoisse de mort? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Tous ces professionnels de santé sont unanimes. Marc a bien tous les symptômes de certaines maladies. Mais… n’en n’a aucune. D’aucuns diraient que cela s’apparente au syndrome de Munchaüsen. Mais, peu importe. Marc est hypocondriaque. Marc souffre d’hypocondrie. Il a une peur terrible des maladies au point qu’il a les symptômes de toutes celles qui lui font peur. Bien sûr, les maladies dont Marc souffre sont toutes, sans aucune exception, mortelles.

Définition de l’hypocondrie

Mais qu’est-ce donc que l’hypocondrie? Renseignement pris auprès d’un dictionnaire réputé, l’hypocondrie est une peur permanente liée à la santé et une obsession quant à l’état de santé. C’est précisément ce dont souffre Marc. Celui-ci est à l’affût du moindre signe d’un dérèglement de son état de santé. Comment ce patient en est-il arrivé à ce point de souffrance? A cette dépression?

Marc m’a rapidement informé qu’il avait toujours été quelqu’un d’anxieux. Il est donc sur un terrain émotionnel qui favorise l’hypocondrie. A l’école, dans sa famille d’origine, en sa qualité de père de famille, à son travail. Une espèce de peur de mal faire s’est durablement installée avec le temps. Ce même temps qui a laissé s’installer des toc (Troubles Obsessionnels Compulsifs) grâce auxquels Marc a le sentiment de contrôler son environnement. Comme sa vie. Ça c’était “au début”. Parce que les années passent. Et, de plus en plus, Marc perd le contrôle.

Au début, la pathologie de Marc consiste à respecter certains rites. Comme ne pas mettre n’importe quels vêtements ensemble. Ou agir de sorte à ce que la mèche de ses cheveux soit parfaitement alignée suivant une structure que lui seul connaît. Cela lui prend beaucoup de temps. Mais c’est la garantie de sa propre confiance en lui. C’est ce qui lui permettait d’aborder son quotidien sans trop de mal. Il reconnait être parfois angoissé que sa mèche ne tienne plus. D’ailleurs, l’idée que ce puisse être le cas le rend anxieux. Il s’emploie donc à la vérifier très régulièrement. Ce qui, depuis un certain temps constitue une sorte de simple rite, devient une véritable obsession.

Hypocondrie, ou peur de la maladie. Un trouble obsessionnel

C’est à la faveur d’un problème de peau qu’il est obligé de rompre avec ses cheveux. Rasé de près, il ne quitte plus jamais cette coupe de cheveux. Jusqu’à ce qu’un évènement traumatique le surprenne. Le décès d’un proche. Il remplace son obsession par une autre. Chez lui, avant de quitter son appartement, quoiqu’il ait  à faire à l’extérieur, son appartement doit être impeccablement rangé. Il ne peut envisager de passer la porte sans que cette condition soit remplie.

Victime de tocs de vérification, là aussi, il passe un temps considérable à apaiser ses angoisses existentielles. Ça lui vaut bien des déconvenues professionnelles . Ce qui rajoute à ses crise d’angoisse et autre crise de panique. Les classiques symptômes de l’hypocondrie, parmi bien d’autres.

Souvent en retard à son boulot, il est licencié à diverses reprises. Conséquences de son hypocondrie? Il est conscient de la relation  entre ses tocs et ces licenciements successifs. Alors, il s’engage à résoudre ce problème d’hypocondrie. A prendre sur lui. Mais rien n’y fait. Régulièrement, il rechute de façon plus conséquente que la fois précédente. Un jour, il apprend le décès soudain d’un proche. Dès lors, il s’enquit avec peur de son propre état de santé. L’hypocondrie s’annonce.

Les causes de l’hypocondrie. Quand l’angoisse de mort rôde

Il commence à être très à l’écoute de son corps. La moindre petite altération, le moindre signe suspect, que ce soit de fatigue, que ce soit un bouton, un petit problème respiratoire, une diarrhée soudaine et ponctuelle, tout l’alerte. Tous les signes d’altération de son état physique génèrent chez lui une angoisse profonde. L’hypocondrie s’invite dans sa vie.

Hypocondrie. Définition et comportement du trouble hypocondriaque.Au début, il inspecte scrupuleusement chaque signe. Puis, il essaye de lâcher prise. Il tente de se convaincre de l’inutilité de son comportement. Victime d‘angoisses nocturnes, comme d’angoisses matinales, il ne peut s’empêcher de s’inspecter, de s’ausculter. Il se renseigne sur le moindre signe qu’il découvre. Et ce qui doit arriver, arrive. L’hypocondrie s’installe. Elle prend une chambre…

Marc découvre des témoignages sur des excroissances graves. A vocation cancéreuse, autant que faire se peut. Les diarrhées sont bien évidemment un signe de trouble stomacal grave. Une difficulté à respirer, un cancer du poumon. Une oppression de la cage thoracique un probable infarctus. Et le tout à l’avenant. L’hypocondrie prend une place grandissante.

Marc écume tous les centres médicaux. Voit et revoit son médecin généraliste. Lequel prescrit beaucoup d’examens. Lesquels disent toujours la même chose. Pas de signe clinique probant. Pas d’indications claires de symptômes d’une pathologie X ou Y.

Last but not least, le médecin traitant participe, en toute bonne foi, au comportement d’hypocondrie de son patient. Ne lui prescrit-il pas, encore et toujours, des examens? Tout en lui disant qu’il n’a aucune raison de s’inquiéter. Que c’est du stress… Rien d’autre. Et c’est bien dans ces tentatives répétées qui consistent à rassurer son patient que le problème trouve un ancrage dramatique.

Une solution à la peur d'être malade. Traitement de l'hypocondrie.

La peur des maladies, un ticket pour la dépression

Autant que vous le sachiez tout de suite, rassurer une personne hypocondriaque – qui souffre d’hypocondrie – est la pire des erreurs à ne surtout pas commettre. Pourquoi? Avez vous déjà remarqué qu’à chaque fois que vous faites cela, l’intéressé vous remercie dans un premier temps.

Puis, dans un second temps, revient vers vous en vous demandant si vous êtes sur? Parce-que lui doute. Et de s’empresser de vérifier de nouveau si ce qu’il vit comme un symptôme grave est… grave. On ne lâche pas l’hypocondrie uniquement parce qu’on le veut.

La personne affectée par la peur des maladies ne cherche pas à se rassurer. Que nenni! Inconsciemment, la personne hypocondriaque cherche à avoir la preuve qu’elle a raison. Ce qu’elle cherche, c’est retrouver le contrôle. A preuve, les allégories triomphantes de certains quand, effectivement, un jour, leur est diagnostiqué un problème de santé. Lequel nécessite un traitement spécifique. Voire une hospitalisation. Exit l’hypocondrie! Je suis malade docteur, la preuve! J’ai raison.

Un tel évènement rassure le patient quand à ce qu’il avait raison de tant s’inquiéter. Il a bien quelque chose. Il ne souffre donc pas d’hypocondrie. Ensuite, une fois le problème résolu, il lui faut se trouver d’autres symptômes. Ce qu’il s’emploie à faire pendant le traitement de sa maladie dûment identifiée et soignée. Puis au sortir de ses soins.

Et oui, l’hypocondriaque a raison. D’autant plus qu’heureusement qu’il s’est si longtemps inquiétè. Dans le cas contraire, il serait mort. Il doit donc s’inquiéter de nouveau, car il n’est jamais – vraiment – guéri.

Comportement obsessionnel qu’il aggrave dès que, officiellement, sa maladie est éradiquée. Le problème avec Marc c’est qu’il a non seulement vécu tout ce que je viens d’écrire mais qu’en prime il est affecté de symptômes de dépression.

Moi, Marc, hypocondriaque et dépressif

Victime de sa peur des maladies, Marc cherche à identifier des symptômes d’hypocondrie qui puissent lui donner raison. A ceci près que tant qu’il réagit de la sorte, sa vie filet entre ses mains. Sans qu’il soit maitre de ces pertes.

Le temps passe. Beaucoup d’années se succèdent. Elles participent à épuiser ce monsieur, et ses proches. Marc incarne l’hypocondrie. Il n’est plus Marc.

Séparé de son épouse, et en cessation d’activité professionnelle, il vient me consulter. Il n’a plus de goût à rien. Se sent dramatiquement seul. Pour ne pas écrire abandonné. Il a une peur horrible de tomber malade. Et de mourir seul… Comme un chien, me précise t’il.

Marc ne prend pas acte de ce qui le concerne. Il ne fait pas le lien entre l’hypocondrie, et ses conséquences multiples. Il se pose en victime. Et, contre toute attente, n’envisage aucun changement. Nous nous sommes vus trois fois.

Très rapidement, il s’avère que ce monsieur ne suit pas les prescriptions comportementales que je lui confie. Au bout d’un moment, je lui annonce n’être aucunement désireux de me rendre complice de son non désir de changement. Qu’en aucun cas je ne suis là pour le contraindre. Et que s’il ne veut rien faire pour retrouver son autonomie, je respecte son choix.

Hypocondrie et bénéfice caché (se protéger de la mort)

Marc ne me supplie pas. Il part. La tête engoncée dans le épaules. Pour un peu je me sens coupable. Je ne l’ai plus revu. Je ne sais donc pas comment à évolué son hypocondrie. Quoi faire quand quelqu’un refuse d’accepter que s’il n’est pas responsable de ses problèmes, il est responsable de son changement? Rien. Si ce n’est de lâcher prise. Tant à propos de l’homme lui même, qu’à celui de son hypocondrie.

Marc ne souhaite pas entendre combien ce comportement d’hypocondrie recèle un bénéfice caché. C’est ainsi qu’en coaching comportemental, en tous cas dans le cadre de l’approche systémique de Palo Alto, nous appelons ce qui relève du mal pour un bien.

A bien y réfléchir, malgré toute sa honte, et sa culpabilité, la peur des maladies de ce monsieur lui permet-elle de se préserver d’autre chose? Ou d’obtenir quelque chose qu’il recherche? Alors, je me souviens de ce que dit Jacques Lacan (psychanalyste):

“On ne pose jamais que des questions à propos desquelles on connaît la réponse”.

Comment traiter l’hypocondrie

Au contraire de Marc, vous ne trouvez plus aucun bénéfice à votre hypocondrie? Vous souhaitez reprendre vie, reprendre votre autonomie? Vous souhaitez vaincre l’hypocondrie dont vous êtes victime et, ainsi, retrouver confiance en vous? En un mot comme en cent, vous souhaitez en finir avec la peur d’être malade? La peur chronique des maladies? Cette peur obsessionnelle qui vous ronge? 

Comment traiter l'hypocondrie, ou la peur de la maladie,

 |  Frédéric Arminot

Comment reprendre le contrôle de votre vie facilement et rapidement

3 Commentaires: “Hypocondrie: Comment traiter la peur de la maladie en moins de 2 mois”

  1. Bonjour Christian,

    N’hésitez pas à me solliciter. Bien à vous.

  2. Christian LEGAND dit :

    Cher monsieur Arminot,

    Merci d’avoir fait le nécessaire pour me “dépanner”, j’ai donc pu ouvrir le Module 2 et je vais pouvoir commencer dès demain matin, l’exercice 3. Je vais essayer de me débrouiller seul mais néanmoins, si je me sentais trop perdu, je me permettrai de faire appel à vous. Christian LEGAND

  3. F.ARMIdable dit :

    Internet nourrit l’hypocondrie.
    On tape des symptômes bénins dans google et on est convaincu qu’on est atteint par de graves maux.

    J’aime bien quand vous dites “rassurer une personne hypocondriaque est la pire des erreurs à ne surtout pas commettre”.
    En effet, c’est valable pour d’autres troubles…en rassurant, en voulant trop sécuriser on conforte involontairement le patient dans son schéma. mieux vaut parfois prendre le contre-pied pour le faire réagir.

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