Procrastination: Comment ne plus procrastiner, ni remettre à plus tard

La procrastination. Peur d'échouer, ou peur de réussir?

Qu’on le veuille ou non, que l’on s’en défende ou pas, nous avons toutes et tous une certaine tendance à la procrastination. La difficulté ne réside pas dans la procrastination elle même. Plutôt dans notre capacité à freiner, voire à stopper, notre tendance naturelle à procrastiner.

En effet, ce comportement qui tend à nous faire remettre au lendemain ce que d’aucuns pensent que nous pourrions faire le jour même exprime-t-il quelque chose? Un problème caché? Comment identifier les comportements qui relèvent de la procrastination et justifient des symptômes dépressifs? Est-ce normal de procrastiner? Quand faut-il s’inquiéter d’un excès de procrastination? Comment traiter la procrastination? Autant de questions auxquelles cet article va tenter de répondre.

Pouvez-vous, oui ou non, vous permettre de remettre à plus tard ce que vous vous ordonnez de faire le jour même? En vertu de quoi, ou de qui, devez-vous absolument considérer votre prétendue procrastination comme un problème? Sur la foi de quels symptômes pouvez-vous affirmer que vous faites de la procrastination? Pourquoi envisager la procrastination comme un avantage?

Toutes ces questions font l’objet de réponses qui, je n’en doute pas, risquent de vous étonner. Mais n’est-ce pas le meilleur moyen d’avancer que de générer un doute?

Définition de la procrastination

Le mot procrastination, ou le verbe procrastiner, est un mot qui vient du Latin et signifie “remettre au lendemain“. Si l’on se tenait à cette définition simple, pour ne pas écrire simpliste, les choses seraient peut-être plus faciles. La procrastination, ce n’est pas que cela.

Je garde en mémoire le problème de l’un de mes patients. Appelons le, Alexandre. Ce jeune homme, intelligent et plein d’humour, est étudiant à Sciences Po. Paris. En dernière année, il doit passer des partiels et réviser son examen de fin d’année. Lequel examen, s’il y réussit, lui offrira la consécration. Sortir diplômé de l’IEP (Institut d’Études Politiques). Oui, mais voila.

Alexandre a beau être intelligent, cultivé, et tout et tout, il a une fâcheuse tendance à ne réviser que contraint et forcé. Il s’y prend toujours la veille pour le lendemain. Dès lors, il n’arrive pas à organiser ses révisions de sorte à arriver plus détendu aux examens. Sont-ce les prémisses de la procrastination?

Alexandre passe son temps à penser à la façon dont il devrait travailler. Il oscille entre son canapé, la télévision, son bureau, les matières qu’il reprend. L’une après l’autre. Et ce, sans arriver pour autant ni à se concentrer ni à faire le travail qui lui semble opportun.Cet étudiant part dans tous les sens. S’éloigne. Revient. S’épuise à trouver des solutions. Au gré du temps qui passe, une angoisse sourde pointe le nez. Cette même angoisse qui lui rappelle que le temps passe. Que, vraisemblablement, les objectifs sont loin d’être satisfaits. Comportement et conséquences est assez typiques de la procrastination.

Procrastination: La dictature du bien faire

Alors, notre étudiant se remet au travail. Il a l’angoisse vissée au ventre. Obsédé par l’échéance, il fait feu de tout bois. Avale des pages. Mais ne retient rien. Ce qui, au début, n’était qu’un petit problème, va devenir un problème récurrent facteur d’angoisse chronique.

Comme vous l’avez compris, plus Alexandre essaie courageusement de s’organiser, moins il y arrive. Plus le temps passe, pire cela est. Grandissantes alors sont ses angoisses. Pourquoi est-ce comme cela pour ce jeune homme, comme pour vous?

Toutes et tous, nous recevons une éducation. Celle-ci est fondée sur l’obligation de gérer tous les domaines de notre vie. Nous devons, et il est exigé de nous, de contrôler, avec mesure et efficacité, tout ce qui nous concerne. Ainsi, nous devons savoir répondre de tout. Être plus excellent que seulement bon. Et nous inquiéter d’être meilleur que la fois précédente.

La société, ou plus exactement le système dans lequel nous évoluons, exige de nous que nous soyons le plus au fait. De ce que nous représentons pour les autres. Et aussi des bénéfices que le système peut tirer de nous. De fait, il s’agit de nous exploiter nous mêmes. D’être les plus rentables possible. Il faut tirer profit de tout. Nous devons bien faire. Nous devons bien être. Point!

Nous naviguons là en pleine dictature du savoir faire. Et du savoir être. Un peu comme ces dictateurs du mieux être et du développement personnel en passe de nous obliger à aller bien, à être heureux.

Procrastination: Est-ce un vrai problème?

Il est donc acquis que n’osons donc pas nous permettre de sortir du rang. Ainsi, verser dans la procrastination revêt un caractère empreint de culpabilité. Nous avons honte de ne savoir nous comporter de façon adaptée. Vous lâchez votre emprise sur vous même? Ou faites le choix de vous laisser aller? Immédiatement, comme dans un réflexe on ne peut plus conditionné, vous ressentez comme une peur mêlée à un plaisir coupable.

La question de pose donc de savoir ce que votre procrastination s’exprime vraiment. Et en fonction de quoi comme en fonction de qui.

J’ai souvenir d’une jeune femme, étudiante en médecine, littéralement paniquée parce qu’elle avait une nette tendance à la procrastination. Elle avait essayé de se contraindre à s’organiser plus qu’elle ne l’était déjà. A s’astreindre à travailler de telle à telle heure. Une matière après l’autre. Elle se levait tôt. Se couchait tard. Bon an mal an, elle passait beaucoup d’après-midi à flâner. A lire des revues, ou encore regarder des séries télévisées. Elle se sentait impuissante à combattre sa procrastination.

Les partiels arrivaient. Cette étudiante se rendait compte de tout ce qui lui restait à réviser. Partant, elle anticipait son échec à venir. Elle passait par des crises de larmes. Des crises de panique. Essayait tout pour ne pas procrastiner. Tout en laissant sa procrastination s’installer toujours un peu plus chaque jour.

J’ai donc demandé à cette future médecin quel était le problème. Ce dernier résidait dans ces années qui se succèdent, de la nécessité impérieuse de satisfaire à chaque partiel. Surtout, ne prendre aucun risque d’être larguée (dixit). L’idée de repiquer une année l’insupportait. Et pourtant.

Ce n’était donc pas de buller qui lui posait problèmes mais bien de la conséquence de sa procrastination. Mais j’y pense, de quoi procrastiner est-il le résultat?

Comment ne plus procrastiner, et mettre un terme à la procrastination?

Les symptômes de la procrastination

Sa procrastination était-elle le résultat d’une absence de désir de réussir? De satisfaire à ses objectifs? Sa procrastination reposait-elle sur une trop grande exigence vis à vis de soi? Sa procrastination était-elle liée au regard des autres?

Cette procrastination était-elle associée à la peur de réussir ou à celle d’échouer? Sans doute, tout cela en même temps. Augmenté de petites choses propres à chacun d’entre nous. Nos histoires de vie. L’image de soi. La confiance en soi. Pour ne citer que ces éléments là. Sans oublier, bien sûr, la peur d’être jugé(e).

Il est bien compréhensible que la procrastination soit un problème. Surtout à compter du moment où vous ne satisfaites pas vos objectifs. Mais, le fait de remettre tout au lendemain, voire aux jours suivants, voire à… jamais, ne repose t’il sur quelque chose de simple? La façon dont vous paramétrez vos objectifs? Ou vos exigences de réussite?

L’un des moyens de le savoir est de s’essayer à une vision plus objective des symptômes de procrastination. En voici une liste non exhaustive:

  • Angoisses
  • Troubles anxieux
  • Difficultés voire incapacité à dresser les priorités
  • Difficultés à dresser et respecter un emploi du temps (organisation, planning)
  • Difficulté d’organisation
  • Peur d’échouer
  • Peur de réussir
  • Fatigue voire épuisement
  • Irritabilité
  • Mésestime de soi
  • Manque de confiance en soi
  • Troubles du sommeil (endormissement, troubles du sommeil)
  • Troubles dépressifs (dans certains cas)
  • Attaque de panique

Aucun de ces symptômes liés à la procrastination n’est à prendre à la légère. Il est trop facile d’imposer aux personnes qui sont dans la procrastination “…qu’elles n’ont qu’à s’organiser…”. “Que c’est une question de volonté…”. Si elles le pouvaient, elles le feraient bien volontiers. Et si cela est plus facile à dire qu’à faire, c’est donc que le problème de la procrastination est ailleurs.

Procrastiner n’est pas innocent

L’un des premiers symptômes de la procrastination est de ne pas arriver à s’organiser. A force d’échecs répétés, vous finissez par tout lâcher. Dès lors, colère et angoisses vous assaillent. Les questions comme celles de vos peurs liées aux conséquences de votre procrastination et de votre incapacité à gérer la situation enrichissent votre problème.

Vous déployez des trésors d’inventivité pour éradiquer le problème. Plus vous agissez de la sorte, plus vous tentez de prendre de sages résolutions, moins vous y arrivez. Un peu comme un malade alcoolique qui dit: “Demain, j’arrête”. Et qui, le lendemain venu, résiste puis boit plus encore.

Quand vous êtes victime de procrastination, n’essayez pas de trop insister. N’oubliez jamais. Vous êtes victime! Pas coupable! Plus vous résisterez à votre absence de désir, plus votre souffrance va grandir. Essayez plutôt d’accepter que c’est comme cela aujourd’hui. J’entends déjà certaines personnes me dire que les jours suivants sont à l’identique du premier si ce n’est pire encore. C’est donc bien la preuve que c’est bien votre désir d’être et de faire qu’il vous faut retrouver.

Éliminez la perte du sens de ce que vous avez à faire. Retrouvez le sens de ce que vous pensez opportun de faire. Autant d’éléments, voire de symptômes, dont, je trouve, on parle peu.

Agir de sorte à progresser n’a plus de sens à un moment précis? Plus le temps passe et moins vous arrivez à identifier le sens – l’intérêt associé au plaisir – de ce que vous faites? Alors oui, je vous le confirme. Vous êtes victime d’un symptôme classique qui vous contraint à supporter la procrastination. Nul n’est besoin de chercher une solution miracle. Elle n’existe pas. Peut-être est-il plus temps de chercher avantage à procrastiner?

Les causes de procrastination

Rappelez vous notre étudiant de Sciences Po. Paris. Il s’est rapidement avéré qu’il est le fils d’intellectuels qui ont beaucoup étudié et travaillé. Ces parents, enseignants, ont toujours œuvré de sorte à être au fait de leurs pratiques professionnelles. Alexandre s’est toujours rendu compte combien ses parents s’investissaient. Il a d’ailleurs toujours eu en mémoire cette maxime familiale: “On a rien sans rien“. Pas faux. Mais est-ce vrai pour autant?

La procrastination: peur d'échouer, et peur de réussir? Comment ne plus procrastiner?

La procrastination. Peur d’échouer? Peur de réussir? Ou les deux?

Alexandre aimerait faire cette sien ce point de vue. A ceci près qu’il a beaucoup de mal à accepter que lui a beaucoup de facilités à réussir sans faire grand chose. Ou, à tout le moins, sans que cela lui demande un investissement conséquent. Ce jeune homme en conçoit de la honte et de la culpabilité. Il n’accepte pas d’avoir des facilités tant intellectuelles que neurologiques. Il s’enjoint donc de travailler suivant une méthode qui lui semble correspondre à celle qui lui a été apprise. La même qu’il a observé chez ses parents.

A ceci près que, si cette méthode est bonne pour certaines personnes, elle n’est adaptée à lui. Elle ne correspond pas à sa personnalité. Est-ce par sentiment de culpabilité qu’il œuvre, inconsciemment, à sa procrastination?

Inconsciemment, Alexandre fait de la résistance à sa propre personnalité. Il ne s’aime pas. Voire, est capable d’être très en colère après lui. Il ne s’estime pas légitime. D’ailleurs, il finit par convenir qu’il s’en veut de constater, au fond de lui, qu’il a plus de facilités que beaucoup d’autres.

Pour se défaire de ce qui lui procure de l’angoisse, il s’enjoint de travailler beaucoup. Ce qui, comme souvent dans le cas d’angoisses, le confronte à un résultat inversement proportionnel à l’effet désiré!

Comment mettre un terme définitif à la procrastinationLa procrastination: Peur d’échouer, peur de réussir

Il cherche à se prémunir de toute procrastination. Ainsi, contre toute attente, il passe son temps à alimenter sa procrastination. A quoi correspond ce mécanisme? Les personnes qui sont victimes de procrastination sont souvent confrontées à des troubles anxieux.

La peur de mal faire opposé au désir de bien faire. Ne pas arriver à établir un équilibre entre les deux, plonge dans une pré occupation qui fait penser aux ruminations et autres pensées obsessionnelles. Ce qui est le propre de la procrastination.

En matière de procrastination, il est souvent rabâché aux intéressés que tout est une question de volonté. Ce qui est une erreur fondamentale.

Tout le monde peut avoir la volonté de réussir sa vie. Pour autant, entre vouloir et pouvoir, il y a une marge. Il y a tellement de critères qui rentrent en ligne de compte. Les mêmes qui font l’échec ou la réussite.

Mais exprimer ces poncifs à propos de la procrastination est bien plus facile que de réfléchir et faire acte de bienveillance (un ange passe…).

Sur la foi d’objectifs de vie, chacun d’entre nous se fixe des objectifs. C’est en les réalisant de façon progressive que l’on tend vers la réussite. Et qu’enfin, nous réussissons. Parfois. Pas toujours.

A ce sujet, il arrive très souvent que les personnes qui souffrent de manque de confiance en soi commettent une erreur très classique.

Ils veulent en finir avant même d’avoir commencé ! Un peu comme s’ils envisageaient de gravir le Mont Blanc. Mais, une fois au pied de celui-ci, ils lèvent la tête. Et, face à la taille du glacier, ils renoncent sans même avoir commencé. L’erreur est donc de regarder trop haut. Trop vite.

Envisager la procrastination comme un avantage? Pourquoi pas.

En renonçant à leur projet, alors qu’excités à l’idée de le satisfaire, ils ont, inconsciemment saboté leurs possibilités. Comme lorsqu’un publicitaire connu avait dit”: “Si t’as pas une Rolex™ à 40 ans, t’as raté ta vie” (pour la petite histoire, je n’ai pas de Rolex).

A ce moment, ce que retiennent les gens ce n’est pas l’excitation de réussir. C’est la peur d’échouer. Ils imaginent ce qui leur arrivera au terme de cet échec. Ainsi, ils focalisent leurs angoisses sur les conséquences d’un tel échec. J’ai nommé – encore – la procrastination. Ils essayent de lutter contre ce qui participent à aggraver le problème. Une fois n’est pas coutume. Lutter contre la procrastination est le meilleur moyen de l’enrichir. Alors, comment faire pour combattre la procrastination?

Dans tout système, il y a un, ou des, modèles. Chaque système a le sien propre . Chaque modèle spécifique s’inscrit dans une dimension plus globale. Comme les mathématiques. L’ensemble, et les sous-ensembles.

En toute bonne foi, la plupart des gens font l’amalgame entre le savoir être et le savoir faire. Ceux-là même qui prévalent dans le monde du travail. L’erreur consiste à les transposer dans leur vie sociale ou affective. Erreur classique. Mais erreur quand même. Pourquoi?

C’est une erreur d’appréciation et de comportement. D’un côté il s’agit de produire dans un contexte et un environnement commercial et collectif. De l’autre, il ne s’agit que de soi. De vous.

Le milieu de travail a une tendance prononcée à exiger compétence et adaptabilité de ses salariés. Sans nécessairement prêter attention à la dimension humaine, donc émotionnelle, de ses sujets. Nous en savons tous quelque chose en ces temps macroniens fort troublés (Collomb doit être entrain de dépêcher une escouade pour me neutraliser).

Comment combattre la procrastination

Une entreprise est composée de femmes et d’hommes. Lesquels, tout au long de leur journée de travail, font abstraction de ces mêmes émotions pour satisfaire à leur feuille de route. A leur contrat de travail. Souvent au détriment de leur bien-être. Mais, trop fréquemment, les salariés creusent leur tombe et achète la pelle pour se faire. Mais, c’est une autre histoire.

Ne tombez pas dans le piège. Ne faites pas l’amalgame entre un environnement socio professionnel et un environnement affectif. Essayez de ne pas être dans le déni de vous même, ni de votre réalité émotionnelle.

Ne dit-on pas qu’il y a des jours avec et des jours sans? Si? Alors, soyez gentil. Pardonnez-vous parce que, qui, mieux que vous même, peut être empreint de compassion à votre égard?

La procrastination serait-elle un truc d’esthète de la vie? Si vous le voulez bien, la procrastination peut avoir d’insignes avantages. Comme favoriser un moment créatif ou…récréatif. Pensez-y! Épargnez-vous quelques erreurs.

Ne vous forcez pas!

En matière de procrastination, la première erreur à ne surtout pas commettre c’est de vouloir insister. De se forcer à faire des choses que, naturellement, vous n’arrivez pas à faire. Puisque la procrastination relève d’une équation particulière (image de soi+désir+peur d’échouer+peur de réussir+confiance en soi+angoisses ou trouble anxieux) comme d’un problème lié à sa propre organisation mieux vaut agir de la façon suivante:

  • Poser les bases d’une organisation au quotidien
  • Le planning ne doit concerner que la semaine en cour
  • Chaque W.E, faire le planning de la semaine suivante
  • Quand vous n’arrivez pas à faire quelque chose, passez à la tâche d’après, conformément à votre planning hebdomadaire
  • Ne cherchez pas la volonté de faire
  • Laissez le désir de faire vous attraper
  • Si une tâche n’est pas réalisée un matin (par exemple), essayez de vous y atteler l’après midi du même jour, voire le lendemain
Vaincre la procrastination

Traiter la procrastination

Devant un problème de procrastination, l’intérêt n’est pas de se forcer pour y arriver. Plus vous réagirez de la sorte, moins vous y arriverez. Plus vous insistez, plus vous prenez le risque d’être victime d’angoisses, voire d’angoisse chronique. Et, par conséquent, de procrastination.

A force de vouloir contrôler un problème comme la procrastination alors qu’il vous échappe, vous allez être confronté à des émotions qui vous faire émerger des symptômes d’angoisse ou d’anxiété. N’y a t’il pas autre chose de mieux à faire, à inventer?

Comment arrêter de procrastiner? La réponse d’une étudiante en médecine

Pour mettre fin à la procrastination, l’idée est plutôt d’essayer d’être inventif, stratégique. Par exemple, pourquoi ne pas arrêter de vous contraindre. Vous pourriez essayer de créer une dynamique. Ainsi, en créant, petit à petit, une dynamique de réalisation, vous allez avancer de plus en plus, et rejoindre la réussite. Cela vous permettra d’avoir de vous une image plus positive. Puis de retrouver confiance en vous. Tout en régulant progressivement la procrastination.

Je me souviens avoir reçu au cabinet une jeune femme, étudiante en dernière année de médecine. Elle devait passer les ECN (Faculté de Médecine, concours classement utile). Devant l’ampleur des connaissances à réviser comme face à son épuisement, elle n’envisageait qu’une chose. Un échec retentissant qui la placerait dans les toutes dernières places du classement.

J’ai essayé de comprendre ce qu’il se passait pour elle. Elle était effectivement très stressée. Et ce d’autant plus qu’elle cultivait d’elle un certain mépris. Elle n’avait de cesse d’exprimer qu’elle avait toujours passé ses partiels grâce aux rattrapages. Que, de fait, par rapport à d’autres, elle était incompétente. Ses études de médecine lui sortaient par tous les pores de la peau. Elle ne les supportaient plus. Comme elle ne supportait plus, non plus, l’ambiance souvent délétère qui régnait au sein des établissements hospitaliers dans lesquels elle faisait ses stages.

Elle avait tout le temps peur d’être interrogée. S’angoissait à l’idée de se tromper dans les réponses. elle ne savait que trop combien certains chefs de services, ou internes, avaient de facilité à humilier les étudiants. Les intéressés se justifiant à ce propos en disant qu’ils avaient subi les mêmes humiliations. Comme si c’était une excuse.

Procrastiner: Une constante anticipation

Fortement angoissée à l’idée d’échouer au concours, cette jeune femme souffrait d’autant plus qu’elle n’arrivait plus à réviser. Elle avait au moins une vingtaine de matières à revoir. Le temps et l’énergie lui manquaient. Là où cela s’est carrément compliqué, c’est lorsque je lui ai demandé quel était son problème. En plus de celui lié à son angoisse naturelle. Et de m’expliquer que, chaque après-midi, au sortir de son stage, elle rentrait chez elle, déjeunait à peine, et s’installait à son bureau pour réviser.

Elle ne travaillait sans aucun plan. Sans aucune organisation. Tout ce qui retenait son attention, c’étaient ces 20 matières à connaître. Elle débutait une première matière pour se rendre compte, très rapidement, de son incapacité à la mémoriser.

Elle en attaquait une seconde pour, tout aussi rapidement, se rendre compte de la même chose. Et ainsi de suite. Plus le temps passait, plus elle sentait comme une crise de panique l’envahir.

Le plus généralement, elle finissait épuisée. En larmes. Avec une seule idée vrillée dans son esprit. “Je vais me planter”. Ce qui relevait de pensées obsessionnelles et de ruminations.

Fondamentalement, ce futur médecin ne pouvait pas échouer. Ce qu’elle pouvait craindre de pire, c’était un classement qui ne lui soit pas favorable et la fasse exercer dans des compétences qui ne lui convenaient pas.

En conséquence de quoi, cette jeune femme ne focalisait que sur 2 problèmes. Le premier, c’était les révisions. Le second, le problème du classement. L’un et l’autre généraient des angoisses terribles qui empêchaient toute objectivité et facilitaient la procrastination.

Car le vrai problème était bien celui là. Son incapacité à prendre de la distance, à objectiver donc, et à paramétrer ses objectifs et les moyens de leur réalisation.

Rester ici et maintenant, et ne plus procrastiner

Elle souhaite exercer la fonction de médecin généraliste. En y regardant de plus près, nul n’était besoin qu’elle soit dans les 3000 premiers du classement national pour y satisfaire. Le fait d’être classée entre la 6000é et la 7000é place peut lui convenir. Elle le savait mais, tellement angoissée, elle avait oublié cette réalité. Seconde réalité, sa difficulté à accepter qu’elle ne pouvait engranger 20 matières sur un laps de temps aussi court.

Je lui ai donc demandé de sélectionner 5 matières qui soient celles avec lesquelles elle se sentait le plus à l’aise. J’ai argué du fait que, plantée pour plantée, autant qu’elle se fasse plaisir!

Elle a suivi ma suggestion. Ses troubles anxieux ont commencé à décroître. Cela lui a permis de travailler de façon plus efficace. Mais çà n’a pas empêché son stress à l’approche des trois jours de concours. Avec, cependant, un insigne avantage. Émotionnellement, elle était mieux armée.

Il y a peu, cette jeune médecin m’a téléphoné pour m’informer qu’elle intégrait un hôpital à Paris, en qualité d’interne. Notre stratégie avait été la bonne. Elle avait réussi son concours. Elle était bien classée. Ensuite, elle a mis à profit les mois d’été pour se reposer, et réviser les matières à propos desquelles elle se sentait un peu juste. De façon positive, elle avait su, et pu, contrôler sa procrastination.

Plusieurs éléments avaient participé à fragiliser cette future médecin:

  • L’épuisement lié à ses conditions de travail en qualité d’étudiante en médecine (à ce propos, si vous saviez la façon dont l’état maltraite les étudiants en médecine, vous seriez choqués)
  • Le stress issu des partiels et autres révisions
  • L’image fragile qu’elle avait conçu d’elle au fil du temps
La solution à la procrastination? Arrêter de lutter!

Cette jeune femme et moi avons aussi pu identifier un élément important. Au cours de ses études elle était très seule. Fortement livrée à elle même. Ses parents finançaient ses études. Mais ils ne la soutenaient pas moralement. Et il en avait toujours été ainsi. Quand elle m’a téléphoné il y a quelques jours, je lui ai suggéré de consulter pour essayer de travailler sur sa confiance en elle. Je ne sais pas si elle l’a fait.

La stratégie que j’ai développé avec cette jeune femme est une stratégie parmi d’autres. Il est tout à fait possible de l’utiliser dans la plupart des cas de procrastination. Prochainement, j’essaierai de réaliser une série de vidéos à ce propos. Mon souci est de vous aider à combattre la procrastination. De vous offrir la possibilité de ne plus sombrer dans la procrastination ou alors… à temps choisi.

Je ne manquerais pas de vous tenir informés. Dans l’intervalle, nul n’est besoin de vous forcer. Essayez plutôt d’accepter la situation pour ce qu’elle est. Dans le cas contraire, contrôler votre procrastination, c’est comme vous contraindre à embrasser quelqu’un qui vous dégoûte. Mieux vaut éviter, quels que soient les enjeux. Surseoir de façon adaptée jusqu’à trouver la personne qui vous inspire du désir.

Je vous laisse le soin de sérier vos priorités et, progressivement, maitriser votre procrastination.

Comment ne plus remettre à plus tard, et en finir avec la procrastination.

 |  Frédéric Arminot

Comment reprendre le contrôle de votre vie facilement et rapidement

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