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Comment vaincre l’anxiété sociale facilement?

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ANXIÉTÉ SOCIALE

L’anxiété sociale est un véritable handicap dans la vie de tous les jours. A tout le moins, pour celles et ceux qui en souffrent. Ainsi, se pose la question du traitement de l’anxiété sociale, aussi, et parfois, appelée: phobie sociale.

Il en va de même en ce qui concerne l’ereutophobie (peur de rougir) ou la peur de parler en public (glossophobie)  en font partie. Même peine et même punition en ce qui concerne la laxophobie (peur de la diarrhée) ou, dans un autre registre social, l’agoraphobie (peur de la foule).

Chacune de ces phobies, symptômes d’anxiété, a son lot de conséquences psycho sociales toutes plus pénibles les unes que les autres. C’en est parfois épouvantable pour les personnes qui en sont victimes. La plupart d’entre elles ne peuvent envisager aucune activité sociale, affective ou professionnelle, voire sentimentale.

Je vais en avoir en exemple assez époustouflant le jour de la première consultation de Lionel. Il me dit souffrir d’anxiété sociale. Quand ce dernier me téléphone pour prendre rendez-vous, j’entends une voix fluette, comme très lointaine, presque effacée.

A peine s’est-il présenté que Lionel s’excuse. Il agit ainsi très souvent au cours de nos consultations. Comme lorsqu’il me téléphone pour me demander des précisions à propos d’exercices que je lui confie. Vraisemblablement, cela se confirme. Lionel souffre de phobie sociale. Il cherche un traitement le plus adapté à son cas.

Sommaire

Définition de l’anxiété sociale

Lanxiété sociale, ou phobie sociale, est une incapacité à être en relation avec les autres, avec tous les autres, et ce dans tous les domaines de sa vie. La personne affectée par cette phobie vit comme une douleur intense toute inter action avec les autres. A titre d’exemple, dire bonjour, ou acheter une baguette à la boulangerie, relève d’un exercice particulièrement difficile et, dans certains cas, impossible.

Les personnes victimes d’anxiété sociale, et qui cherchent désespérément à s’en sortir, ont toutes les peines du monde à affronter le regard des autres. De façon quasi permanente, elles craignent le jugement des autres. Elles ont toujours peur de mal faire ou d’exprimer des choses inadaptées en des moments les plus inopportuns. Ces personnes souffrent d’un manque d’estime d’elle mêmes.

Isolées la plupart du temps, elles ressentent un très fort sentiment d’insécurité. Le seul havre de paix qu’elles trouvent est généralement leur lieu d’habitation. Ce qui a pour effet de les isoler encore plus, et de nourrir encore plus leur anxiété sociale, et de rendre plus délicat le traitement susceptible de leur convenir.

Souvent prise en charge par des médecins psychiatres, elles se voient prescrire force médicaments (anxiolytique, hypnotique, anti dépresseurs, neuroleptiques) en guise de traitement ce qui n’est pas trés opportun .

Traiter l’anxiété sociale: L’inutilité des médicaments

Dans tous les cas cliniques liés à l’anxiété sociale dont je me suis occupé depuis toutes ces années, rares ont été les personnes qui m’ont affirmé en avoir tiré un réel bénéfice. Comme je l’écris souvent dans ce blog, ce type de médicaments ne fait qu’apaiser les symptômes – et encore, je suis loin d’en être convaincu – et en aucun cas ne résout le problème que représente l’anxiété sociale. Partant, les médicaments ne constituent pas un traitement adapté à ce type d’anxiété ou de phobie.

Il n’est pas rare que les gens atteintes d’anxiété sociale cultivent d’eux une estime très basse. Ils conçoivent aussi une forte honte et une très forte culpabilité quant à leur incapacité à avoir une vie comme les autres. Ils souffrent terriblement de leur anxiété sociale et sont très souvent convaincus qu’ils sont responsables d’échouer là où la plupart des autres réussissent. Quant à ce qu’ils pensent être une vie comme les autres, beaucoup reconnaissent qu’ils ne savent pas ce qu’est une vie normale.

D’abord parce qu’ils fréquentent peu de gens, voire personne, ou parce que, plus précisément, c’est l’idée qu’ils se font d’une vie normale, à contrario de l’anxiété sociale.

Cela relève très souvent du fantasme d’une vie où ils pourraient s’affirmer, prendre des risques et en assumer les conséquences. En bref, ne pas souffrir de d’anxiété sociale.

« Il faut avoir le courage de faire comme tout le monde, pour n’être comme personne »

Jean-Paul Sartre

L’histoire familiale explique l’anxiété sociale

J’ai toujours été frappé d’observer que ces personnes souffrant de phobie sociale et/ou d’anxiété sociale sont issus de familles dites dysfonctionnelles qui ont participé, de façon directe ou indirecte, à empêcher la personne phobique de prendre des risques, à l’empêcher de s’affirmer en lui renvoyant le plus souvent de lui même une image abîmée dans le genre: « Fais ce que tu veux puisque tu n’y arriveras pas! ».

Maintenant, il est vrai que toutes les familles sont dysfonctionnelles par nature. Dans le cas contraire, il n’y aurait aucune névrose, et encore moins de névrose d’angoisse.

Phobie sociale: Une histoire familiale pathogène

L’anxiété sociale est donc un symptôme. Le symptôme d’une angoisse profonde, voire d’une angoisse chronique qui, le temps aidant est devenue une anxiété généralisée.

C’est dans toutes ces circonstances affectives et psychologiques, voire pires comme je vais vous le démontrer maintenant, que Lionel est entré la première fois dans mon cabinet de thérapie comportementale et comment il a pu ainsi accédé à un traitement personnalisé de son anxiété sociale.

Une histoire personnelle pathogène

Quand Lionel se présente à moi, je rencontre un homme qui me semble comme blessé. Il a la tête dans les épaules, il est presque malingre, engoncé qu’il est dans une veste en laine blanche et grise dont on pourrait avoir l’impression qu’il la piqué à un géant!

Lionel semble gêné d’être là. Sont-ce les prémisses de son anxiété sociale? Il va bientôt commencer à s’excuser parce qu’il range ses petites affaires autour de lui. Il s’attarde sur le bon positionnement du sac qu’il porte en bandoulière. La taille de son sac me fait penser à celle de sa veste. Immense! Il prend le temps de sa caler au fond de son siège puis m’adresse un sourire gêné qui fait apparaître des dents abîmées. Il n’est pas rasé ce qui, sur le teint livide qui est le sien, lui donne un air encore plus gris.

Pendant une heure, Lionel s’emploie à essayer de répondre à mes questions à propos de ses symptômes d’anxiété sociale. Nous allons parler, il va souvent me dire qu’il ne comprend pas ce que je lui dis et parfois moins les questions que je lui pose.

Un contexte familial destructeur

Soigné depuis des années pour dépression, et ne bénéficiant pas d’un traitement pour l’anxiété sociale dont il est victime, Lionel me présente le contexte familial comme un environnement assez destructeur entre une mère castratrice et un père absent.

La mère, qui refusera toujours de venir me parler, semble s’être échinée à empêcher son fils d’évoluer, de sortir du nid, le présentant comme une enfant chétif qu’il faut protéger de lui même et du monde (cela me rappelle l’histoire d’une jeune patiente à qui sa mère avait toujours dit de se méfier des hommes car ces sont tous des salauds, des pervers et des… violeurs).

Lionel me parle de ses difficultés scolaires. Non pas qu’il fut mauvais élève, mais plus de sa grande difficulté à nouer des relations avec des camarades de classe, lui qui reste toujours seul dans un coin comme caché, à l’abri de tous, en plus de faire souvent l’objet de moqueries, de quolibets comme Lionel aime à le dire. Autre terrain d’expression de son anxiété sociale.

C’est peu de temps après sa dernière hospitalisation que Lionel a décidé de venir me consulter. Nous mettons en place une stratégie progressive pour le sauver de sa anxiété sociale. cela a été dur, j’irais presque jusqu’à dire laborieux, mais Lionel, courageusement, s’est accroché. Et… çà a marché !

Quand l’intelligence est un frein au traitement de l’anxiété sociale

C’est au cours des deux consultations suivantes que je comprends que je n’avais pas à remettre en cause ma façon de le questionner et la qualité de ma pratique. Plus tard, Lionel m’explique plus tard qu’il veut juste s’assurer qu’il comprend bien ce dont je lui parle tout en réfléchissant au(x) sens de mes questions et, accessoirement, à là où je veux en venir à propos de son anxiété sociale.

Il est intelligent le bougre! Et même très intelligent. Il manie avec une dextérité certaine l’humour au second degré, la dérision voire le cynisme à propos de lui comme de son anxiété sociale.

En ce qui concerne ce dernier point, comme le disait Benoit Poelvoorde: « … Le cynisme est la forme accentuée de la désespérance…« . Il n’en demeure pas moins qu’en fait, Lionel se méfie. Et il a de quoi se méfier.

Il a toutes les raisons de se sentir anxieux à propos de ce premier entretien thérapeutique. Lionel veut se sortir de son anxiété sociale. Ce n’est pas simple pour lui, et le traitement de la phobie sociale qu’il recherche n’en n’a que plus d’importance.

Anxiété sociale: Des diagnostics empiriques

Depuis des années, Lionel est promené d’un psy à l’autre, d’un psychiatre à un autre. Personne ne semble d’accord sur un diagnostic. Pourtant, aucun d’entre eux n’évoque une éventuelle anxiété sociale. Tantôt psychotique, tantôt borderline, tantôt schizophrène, tantôt bipolaire, tantôt hospitalisé en hôpital psychiatrique, Lionel est baladé comme un touriste en terra incognita.

Lionel a tout. En même temps, il n’a rien. Mais il a quand même quelque chose. Une affection. Mais laquelle? Les professionnels semblent ne pouvoir se prononcer. Ils prescrivent donc des actes en conséquence. Il est hospitalisé à diverses reprises. Contre son gré. Mais, qui se soucie de l’avis de Lionel quand lui revendique une anxiété sociale?

Tout a commencé des années auparavant, à la suite d’une altercation très violente entre Lionel et l’amant de sa mère. Attention: toute interprétation quant à une éventuelle rivalité serait une erreur de diagnostic. Une de plus !

Cet amant semblait exprimer un certain mépris à l’égard du fils de sa compagne. Laquelle femme a semblé laissé faire des années durant avec d’autant plus de facilité qu’elle a toujours considéré que son enfant était quelque peu malade et qu’il ne pouvait être autonome et encore moins responsable. Il aurait donc eu besoin, au sens de la mère, d’être coaché par un adulte mâle référent… L’amant…

Phobie sociale et affirmation de soi

Les causes de l’anxiété sociale

L’anxiété sociale, comme toute phobie, ou symptôme d’angoisse, répond à des mécanismes spécifiques. Ensemble, nous allons en explorer quelques-uns. Chaque cause de phobie sociale répond aux facteurs suivants:

  • Perfection
  • Autonomie
  • Affirmation de soi
  • Prévention de la rechute

Anxiété sociale: Arrêter de vouloir être parfait

Après que nous ayons fait le point sur le contexte de sa situation, je commence par demander à Lionel de réfléchir seulement à deux questions à propos de son anxiété sociale. Quand il me consulte pour la seconde fois, les questions font l’objet d’un nombre de réponses telles qu’il nous faut beaucoup de temps pour les décrypter.

Lionel met un point d’honneur à répondre d’une manière si précise et circonstanciée que cela pose toute la difficulté mécanique de son problème mais, surtout, met en lumière tout ce qui participe à prendre le risque d’avoir de lui une image positive. C’est fondateur pour la suite de la mise en place d’actions stratégiques que je souhaite mettre en place.

Dans l’intervalle, Lionel me téléphone très souvent ou m’adresse des SMS. Il m’explique combien il est angoissé voire anxieux à l’idée de ne pas précisément faire ce que je lui demande. Je passe beaucoup de temps à dire et répéter à Lionel que je n’attends pas de lui le mieux. Et que, tant qu’il veut tendre vers cette perfection comportementale, il en est quitte pour des troubles anxieux et autres angoisses répétées, comme de son anxiété sociale.

Anxiété sociale: Comment devenir autonome?

Les séances passent, deux puis trois puis quatre. L’atmosphère thérapeutique se détend franchement ce qui me permet de demander à Lionel ce qu’il aimerait faire s’il avait de lui une image positive et s’il se sentait suffisamment en confiance, en sécurité.

Après réflexion, il m’explique qu’il aimerait quitter le domicile familial et avoir son appartement. Dans le même temps, il m’explique que sa mère cherche vraisemblablement à l’empêcher de partir. En agissant de la sorte, Lionel convient que sa mère est dans sa logique et qu’il est stérile d’essayer de la faire changer d’avis.

Je demande donc à Lionel de réfléchir aux moyens qu’il pourrait trouver pour poser les bases de son autonomie qui marquerait le terme de son anxiété sociale. Je précise à Lionel que je ne souhaite pas qu’il prenne un appartement trop vite.

Je souhaite juste qu’il cherche des moyens pour prétendre à la location d’un bien immobilier. Tout en sachant combien cela lui est difficile puisqu’il n’a aucun revenu. En plus d’un statut de travailleur handicapé. Et des allocations qui ne lui permettent pas de prétendre à quoi que ce soit à propos d’un lieu de vie.

Anxiété sociale: Comment s’affirmer?

De mémoire, le vacances d’hiver ont passé. Ce n’est qu’un mois plus tard que je revois ce cher homme. Toujours vêtu de son immense veste en laine et de son immense besace. Et c’est à ce moment, tout sourire, que ce patient m’annonce qu’il a trouvé un travail (caissier dans un hypermarché). Cela lui permet d’observer les inter actions sociales entre les êtres humains.

Venant de lui, je trouve cela plutôt cocasse. Je ne suis pas très étonné qu’il ait cette démarche anthropologique. Le comble de l’anxiété sociale! Je suis quand même stupéfait – positivement – de son audace! Il va même jusqu’à me dire qu’il a repéré une jeune femme qui ne le laisse pas indifférent. L’anxiété sociale serait-elle en passe d’être définitivement vaincue?

Phobie sociale: comment avoir une meilleure estime de soi

Le risque d’une rechute annoncée

Au terme de la consultation précédente, je demande à Lionel de lever le pied. De ne pas tant s’en demander. Ceci, bien qu’il soit compréhensible qu’il veuille en finir avec sa phobie sociale. Sa prise en charge thérapeutique, qui a vocation à apporter une solution à son anxiété, n’est pas une course contre la montre. Ce n’est pas une compétition. Lionel sourit d’une façon d’autant plus encourageante qu’il a repris des couleurs et un peu de poids. Des semaines passent.

Un jour il me téléphone pour me demander mon avis quand à satisfaire à une offre qui lui a été faite. Cette offre est habilement présentée comme quasi obligatoire par une équipe thérapeutique. Intégrer un appartement thérapeutique.

Je fais montre d’un ton cordial. Bienveillant mais assez ferme. Je dis à Lionel que je n’y vois aucune inconvénient. Cependant, je lui demande quand même quel est l’intérêt de répondre favorablement à une telle offre. Effectivement, elle est formulée par l’institution. S’il y répond par l’affirmative, il confirme à ces gens qui le disent malade qu’il est malade. Il prend ainsi le risque de confirmer qu’il est incapable d’être adulte et autonome.

Lionel me dit que j’ai raison puis me raccroche quasiment au nez. Je me moque d’avoir raison. Je veux juste qu’il bouge. Lionel a montré ses capacités progressives au changement. Mais il est entrain de s’affaisser. Il se laisse manipuler par ses angoisses. Par ses peurs. Par son anxiété sociale. Et aussi par ses proches. Pour se sécuriser eux mêmes, ils sont près à ne lui laisser aucune chance de s’affirmer. Comme cela, chacun est à sa place et tout le monde se sent sécurisé. Sauf l’intéressé.

La liberté succède à l’anxiété sociale traitée

Des semaines durant, je n’ai aucune nouvelles de ce patient. Ni coup de téléphone, ni SMS, ni mails. Jusqu’au jour où je reçois un mail m’invitant à aller regarder quelque chose sur internet.

Je ne sais pas de qui vient ce mail. Ce n’est pas nommément précisé. C’est une invitation assez originale, tant par sa présentation elle même que par son contenu. Ce n’est que plusieurs jours plus tard que j’y satisfais à la faveur de l’annulation d’une consultation par une patiente.

Ce que je découvre me laisse bouche bée. Belle typo aérée. C’est simple. C’est clair au premier coup d’œil. Et, en plus il y a des vidéos dont une m’est dédicacée. C’est Lionel. Il parle de son nouvel appartement. De son parcours thérapeutique. De sa nouvelle vie en totale autonomie. Le tout d’une voix calme, posée.

Lionel a créé sa chaine sur Youtube. De façon gratuite, il explique comment utiliser des logiciels très techniques. Je ne lui connaissais pas cette compétence.

Lionel a avancé à pas de géant. Ce début de réussite, c’est à lui, et à lui seul, qu’il le doit. Malgré toutes les difficultés, il s’est mis en danger pour s’affirmer. Lionel a courageusement tout mis en œuvre pour juguler son anxiété sociale. Un pas après l’autre, sans se bousculer. Il a compris tout les bénéfices qu’il pouvait retirer à analyser chaque pas, à l’assurer pour passer au suivant. Lionel a compris. Le reste suivra.

C’est juste une question de temps. Lionel est rentré dans une dynamique que plus rien ni personne ne peut entraver. Lionel est libre. Quant à moi, je viens de perdre un patient. Çà me fait content!

Traitement de l’anxiété sociale

Cela n’a pas été une simple affaire thérapeutique que d’aider Lionel à ne plus souffrir d’anxiété sociale. Non seulement parce qu’avec son parcours tant personnel que psychologique, il me faut y aller doucement. Je dois aussi composer avec Lionel lui même. En effet, il oublie parfois de m’informer de ce qu’il fait et des projets qu’il mène.

Il aura fallu que je lui demande d’utiliser très précisément des exercices comme celui de la PSE ou, de façon progressive, apprendre à transformer ses problèmes en solutions. De fait, comment utiliser l’anxiété sociale comme un avantage. Lionel était littéralement bloqué sur ses relations affectives – familiales – qui entravaient son développement personnel.

Traitement de la phobie sociale

Il lui aura donc fallu faire la paix avec son passé grâce à des exercices que je formaliserais plus tard. C’est comme cela qu’il apprendra à s’affranchir de son anxiété sociale de ses pensées obsessionnelles et que, petit à partir, il fera diminuer le handicap que lui infligeait sa timidité.

Lionel était bloqué sur des situations qu’il pensait inextricables. Ces même situations nourrissaient sa phobie. Elles obéraient le traitement de l’anxiété sociale. Il avait fini par se convaincre qu’il était malade.

A preuve, l’institution n’avait elle pas diagnostiqué chez lui des pathologies psychiatriques graves qui nécessitaient des traitements lourds et un contrôle thérapeutique spécifique (cf: appartement thérapeutique).

Aller trop vite est nuisible

Sa dernière hospitalisation sous contrainte lui a fait prendre la mesure du danger qu’il coure. Il exprime son désir de ne pas être celui que l’on veut qu’il soit. Il met fin à sa honte et à sa culpabilité. Pour ce faire, il satisfait à des exercices thérapeutiques assez non conventionnels qui lui réussissent.

Cela lui a tellement réussi que je me souviens avoir bataillé avec lui pour qu’il ralentisse le rythme de ses projets. Je craignais que s’il rencontrait des difficultés cela le bloque de façon définitive. J’avais peur de la résurgence de son anxiété sociale. J’ai pu constater que cela aura eu l’effet contraire.

En se libérant de ses contraintes liées à son anxiété sociale, Lionel a progressivement mis en place des façons de s’affirmer. Cela lui a aussi permis d’objectiver à propos de ce que les gens peuvent ou non penser de lui.

Une stratégie personnalisée

Parfois, nous communiquons à l’aide de certains réseaux sociaux. J’apprécie beaucoup l’humour et la dérision dont il fait preuve à son endroit. Il a réussi à s’inscrire dans une démarche active pour apprendre à se sécuriser et à retrouver confiance en lui.

Enfin, Lionel est la preuve vivante que ce n’est pas en utilisant des méthodes rationnelles que cela se résout. Il lui a trop  longtemps été asséné par certains psy qu’il suffisait de se convaincre de ne pas tenir compte de ce que les gens pouvaient penser. Facile à dire et totalement inepte thérapeutiquement.

Ce patient ne faisait pas exprès de souffrir d’anxiété sociale. Pas exprès d’avoir peur des autres, ni peur du jugement des autres. Ou peur du regard des autres. Il n’est pas non plus responsable de ne pas avoir bénéficié d’un traitement de l’anxiété sociale qui lui convienne. C’était sa réalité. Des personnes comme des évènements répétés se sont chargés de le convaincre. Lui faire croire qu’il est incapable d’avoir un comportement normal et d’être autonome.

Aujourd’hui, je sais que Lionel est convaincu que l’avenir lui appartient. Qu’il lui suffit juste d’y aller doucement. De ne pas s’en demander plus qu’il ne peut en supporter. Lionel sait comment faire quand cela va mal ou qu’il bute sur quelque chose. Il lui suffit de ré utiliser tout ou partie des exercices que nous avons utilisé. Utiliser son traitement de l’anxiété sociale de sorte à ce que les situations se débloquent. Un jour à la fois.

Faire d’un problème une solution

Gregory Bateson disait, je cite: « la vie est une succession de problèmes« . Il avait bien raison. Dans cette suite plus ou moins continu de problèmes, nous essayons de nous adapter pour les résoudre. C’est le fruit de nos réalités respectives. C’est exactement ce que ne savait pas faire Lionel.

Il a donc appris à s’approprier son anxiété sociale, et ainsi ne plus en souffrir. Comme tout le monde! En trouvant une solution à son problème de phobie sociale, Lionel est-il devenu un homme normal, presque banal? Lionel s’est-il – enfin – débarrassé de son besoin de reconnaissance?

Quand la reconnaissance conditionne l'estime de soi

Anxiété sociale: Le besoin de reconnaissance

Le besoin de reconnaissance est une nécessité naturelle et logique. Mais ce besoin n’est pas sans conséquences sur votre épanouissement. C’est un trait de caractère constitutif de nos personnalités qui nous permet de nous organiser en sociétés cohérentes.

Néanmoins, un besoin de reconnaissance excessif peut devenir une source de souffrance. C’est aussi souvent le signe d’un manque majeur de confiance en soi qui pousse à vivre à travers le regard des autres.

Pourquoi avez-vous besoin de reconnaissance?

C’est un fait acquis, nous avons tous besoin de reconnaissance. Nous grandissons en nous laissant guider par la reconnaissance et les encouragements de nos parents et, d’une façon générale, de nos pairs.

Pendant les premières années de notre vie, le regard de notre entourage est la seule chose qui nous permet de distinguer le bien du mal. C’est à travers ce regard que l’on apprend à grandir et à construire nos premières relations personnelles.

Plus tard, le besoin de reconnaissance nous pousse à collaborer et à vivre en société. D’ailleurs, les signes de reconnaissance sont si importants dans nos relations interpersonnelles qu’on pourrait presque les qualifier de monnaies d’échange.

Nous passons nos journées à donner et recevoir des signes d’appréciation et de reconnaissance, d’un simple « merci » à un compliment plus élaboré. Même les critiques sont des signes de reconnaissance puisqu’elles témoignent d’une attention que l’on nous porte.

Normalement, le besoin de reconnaissance nous pousse à préférer recevoir des critiques qu’à être ignoré(e), preuve justement que le besoin de reconnaissance et essentiel à notre développement.

En revanche, quand ce besoin devient trop important et pathologique, le processus s’inverse. La critique devient vite insupportable, et même si être ignoré(e) est douloureux, on le préfère à une remarque qui nous blesse.

Généralement, le besoin de reconnaissance atteint ces degrés pathologiques quand l’utilité de cette reconnaissance a été détournée par les parents de l’enfant. En effet, certains parents utilisent le besoin d’amour et de reconnaissance de leurs enfants pour les manipuler et leur faire du chantage.

Ce qui laisse un vide difficile à combler ensuite à l’âge adulte, et donc un besoin de reconnaissance excessif.

Comment reconnaître un besoin de reconnaissance excessif?

On aurait tort de penser que le besoin de reconnaissance est la conséquence d’une prétention ou d’une vanité trop importante. Les gens qui ressentent ce besoin excessif ont en fait souvent peur de manquer d’amour.

Ils essayent à tout prix de plaire et craignent d’imposer leurs goûts ou leurs personnalités aux autres, de peur de leur déplaire. Les personnes vaniteuses, à l’inverse, auront tendance à s’imposer en permanence (ce qui témoigne d’autres faiblesses très différentes).

Le besoin de reconnaissance est excessif à partir du moment où il vous place dans des situations inconfortables ou qu’il vous amène à vous oublier, à vous nier, trop souvent. Rencontrer une personne à qui on souhaite plaire (que ce soit amoureusement ou non) est parfaitement normal.

En revanche, être prêt à taire ses désirs et ses opinions pour plaire à tout prix et ne pas la froisser, est aussi, et souvent, le signe d’un besoin de reconnaissance excessif. En psychologie, on parle également souvent des transferts typiques chez les personnes qui souffrent d’un besoin de reconnaissance excessif.

Par exemple, une personne qui a eu un père absent, manipulateur ou simplement incapable de transmettre la moindre reconnaissance, a tendance à vouloir absolument s’attirer la sympathie de figures masculines plus âgées à qui il prête une autorité excessive.

Ce transfert n’a pas besoin d’être amoureux ou personnel.

Les conséquences d’un trop grand besoin de reconnaissance

La principale conséquence d’un trop grand besoin de reconnaissance est un ensemble de difficultés personnelles liées à une basse estime de soi. Les relations personnelles deviennent difficiles et douloureuses, car le besoin de reconnaissance excessif est souvent impossible à combler.

Le rôle des parents est essentiel parce qu’il est très rare qu’une autre figure dans la vie de l’enfant parvienne à la remplacer, en tout cas quand elle est défaillante. Sur la santé psychique, le besoin de reconnaissance a aussi des conséquences profondes.

Il use progressivement le moral et l’estime de soi. La personne qui en souffre se sent seule et isolée. Elle n’ose jamais prendre le moindre risque et vie dans la culpabilité et le regret constant.

Si le besoin de reconnaissance est provoqué par un parent manipulateur et violent, les conséquences sont beaucoup plus importantes dans leur intensité.

Être reconnu(e) ou être encouragé(e) favorise une meilleure estime de soi

Dans la vie professionnelle, le besoin de reconnaissance n’est pas un atout. Il pousse certains à travailler beaucoup plus que les autres, ce qui peut leur donner certaines armes pour réussir.

Malheureusement, le jour où il faut assumer ses opinions et prendre des risques finit toujours par arriver. Un besoin excessif de reconnaissance devient alors très handicapant.

Comment se défaire de son besoin de reconnaissance?

Pour améliorer son rapport aux autres, valoriser son estime de soi et vaincre son anxiété permanente, il faut se tourner vers les différentes thérapies possibles. La psychothérapie dure plusieurs années et accompagne efficacement celles et ceux qui ont besoin de vaincre leurs difficultés psychiques.

Néanmoins, la thérapie comportementale reste la solution la plus efficace, car elle ciblent précisément les problèmes à l’origine de ce besoin de reconnaissance. Si vous considérez avoir un besoin de reconnaissance excessif, mais encore suffisamment sous contrôle, vous pouvez aussi essayer de régler vos problèmes vous-même.

Évidemment, il est toujours suggéré de se tourner vers un(e) professionnel(le) de la thérapie puisque des solutions existent pour réduire son besoin de reconnaissance. D’une manière générale, il est conseillé de toujours prendre la peine de donner plus de signes de reconnaissance à son entourage.

Sans tomber dans la flagornerie, ce processus vous aide à voir ce qu’il y a de mieux chez les autres et à vous détourner ainsi de ce qui vous déplaît en vous.

Ensuite, il convient d’essayer de retourner ces signes de reconnaissance vers soi-même pour se féliciter quotidiennement de ce que l’on a accompli, des choses les plus simples comme on a pris du temps pour soi.

Comment lutter contre le manque de reconnaissance?

Parfois, le besoin de reconnaissance n’est pas seulement un problème psychique. Parfois, on a besoin de reconnaissance parce qu’on en manque. Par exemple, quand un parent ne nous donne pas suffisamment de reconnaissance on doit pouvoir être capable de s’en rendre compte pour en tirer des conclusions qui nous libérent.

Pour cela, on doit comprendre que le besoin de reconnaissance dépasse largement les apparences de reconnaissance. Un parent qui nous demande périodiquement comment nous allons ne nous donne pas pour autant l’attention dont on a besoin.

S’intéresser à quelqu’un nécessite de suivre sa trajectoire de manière active et pas seulement de lui poser quelques questions quand on le voit, comme le font deux amis qui se sont perdus de vue.

Si vous constatez que quelqu’un dans votre entourage ne vous donne pas la reconnaissance dont vous avez besoin, vous ne devez pas nécessairement entrer en conflit avec cette personne.

En revanche, vous devez prendre conscience de la nécessité de détacher la construction de votre estime de vous-même de toute opinion sur vous et les choses que vous faites de sorte à faciliter votre développement personnel.

Il en est de même au sujet de la peur du jugement des autres, autre facteur d’anxiété et, partant, d’anxiété sociale.

Peur du jugement des autres: Est-ce une phobie ou de l’anxiété?

Nous souffrons tous, à divers degrés, de la peur du jugement des autres. À certains égards, on peut considérer cette peur comme plutôt saine puisqu’elle rend la vie en société possible. En effet, elle nous impose certaines limites de comportements.

En revanche, chez cette certaines personnes, cette peur devient handicapante. Elle les empêche de vivre et d’agir normalement, rendant parfois impossible le simple fait de manger devant quelqu’un.

Comment s’appelle la phobie de se faire juger?

Quand la peur du jugement des autres devient trop intense, on commence à parler d’anxiété sociale. C’est un trouble anxieux qui toucherait environ 7 % de la population dans le monde. L’anxiété sociale rend le quotidien de ceux qui en souffrent parfois très compliqué.

Toutes les situations de performance, notamment quand on sait que l’on est – possiblement – observé, deviennent très compliquées. Quand l’anxiété sociale n’est pas traitée, elle est susceptible de produire ce que l’on appelle une phobie sociale.

La phobie d'être jugé(e) par les autres

La peur du jugement des autres devient alors impossible à affronter et la phobie de se faire juger devient très handicapante. La personne qui en souffre peine à faire de nouvelles rencontres et à entretenir ses amitiés.

D’un point de vue professionnel, la phobie sociale devient rapidement invivable. Celle ou celui qui en souffre ne supporte pas d’être placé(e) dans des situations de compétition ou d’être remis(e) en question par sa hiérarchie.

Peur du jugement des autres: Est-ce une phobie ou de l’anxiété?

Nous souffrons tous, à divers degrés, de la peur du jugement des autres. À certains égards, on peut considérer cette peur comme plutôt saine puisqu’elle rend la vie en société possible. En effet, elle nous impose certaines limites de comportements.

En revanche, chez cette certaines personnes, cette peur devient handicapante. Elle les empêche de vivre et d’agir normalement, rendant parfois impossible le simple fait de manger devant quelqu’un.

Quels sont les symptômes de la phobie sociale?

La phobie sociale se caractérise, comme toutes les phobies, par un ensemble de symptômes typiques.

Face à l’objet de la phobie, le patient ressent les symptômes suivants:

Cependant, la phobie du jugement des autres est particulière parce que l’objet de la peur n’est pas toujours bien identifié. À tel point que ceux qui souffrent d’anxiété sociale peuvent parfois sembler paranoïaques.

Un simple regard ou un mot mal interprété suffisent à produire un enchaînement sans fin de pensées ruminées impossibles à contrôler. La peur du jugement prend alors le dessus et un profond malaise psychique et physique s’empare du patient.

La phobie sociale se caractérise donc aussi beaucoup par les stratégies d’évitement qu’elle produit. Le patient qui en souffre aura tendance à se renfermer et à limiter drastiquement ses activités sociales.

Il supporte mal d’avoir une conversation avec un inconnu ou de manger devant les autres. Bien souvent, la consommation d’alcool en compagnie d’autres personnes accentue ses inquiétudes.

Dès le lendemain, il est convaincu que son relâchement passager l’a rendu ridicule aux yeux des autres.

se défaire de la peur de déplaire pour favoriser son propre épanouissement personnel

Pourquoi a-t-on peur d’être jugé(e)?

L’intérêt que nous portons au regard des autres est l’un des fondements de nos sociétés. Sans cela, de nombreux comportements délétères sont impossibles à proscrire. Avoir peur d’être jugé(e) est donc naturel.

D’ailleurs, dès notre plus jeune âge, on nous encourage et on nous récompense quand nous nous comportons correctement. Le renforcement positif dans l’éducation fait donc du regard et de l’opinion des autres sur nos comportements une donnée essentielle.

Le problème, c’est que chez certaines personnes, cette tendance va dégénérer et provoquer de l’anxiété et une phobie sociale. Généralement, la phobie sociale est associée à un manque pathologique de confiance en soi.

L’avis des autres devient trop important parce que le patient ne parvient pas à trouver l’assurance nécessaire pour s’affirmer. Or, s’affirmer en tant qu’individu implique d’accepter de déplaire à certains.

Une éducation trop stricte dispensée par des parents absents est une source fréquente de phobie sociale. L’enfant cherche l’approbation de ses parents, mais il ne l’obtient jamais vraiment.

Les parents très exigeants rendent difficile l’émancipation de l’enfant. L’émancipation passe toujours par l’affirmation de soi et certains parents ne supportant pas de voir leur enfant grandir multiplient les efforts pour écraser cette tendance.

Résultat, l’enfant ne prend pas confiance en lui à des périodes cruciales (enfance, adolescence, début de la vie d’adulte) et l’anxiété sociale s’installe rapidement.

Différences entre la peur du jugement et l’envie de plaire

La différence entre la peur du jugement des autres et l’envie de plaire est parfois difficile à faire. D’ailleurs, la phobie sociale est aussi souvent appelée blemmophobie.

Or, on utilise souvent la blemmophobie pour expliquer le comportement de certains patients incapables de dire non, vivant avec la volonté pathologique de plaire à tout le monde. Difficile donc de faire la différence entre les deux.

On peut alors tenter de définir la peur du jugement comme une anticipation maladive de la critique. L’envie de plaire, de son côté, serait plutôt le besoin de combler un vide par l’appréciation des autres.

Dans les deux cas, la peur du jugement et l’envie de plaire s’appuient souvent sur un manque de confiance en soi profond. Les patients qui en souffrent doivent apprendre à vivre leurs relations sociales sans crainte du conflit et de la différence d’opinions.

C’est une étape essentielle pour apprendre à vivre sans craindre le jugement des autres.

Peur d'être jugée par les autres ou peur de séduire?

Comment se débarrasser de la peur du jugement des autres?

La première chose à faire pour se débarrasser du jugement des autres, c’est d’apprendre à contrôler le sien. Dès lors, je vous invite à cesser de vous juger aussi durement que vous le faites.

Dans le même temps, je vous suggère aussi d’arrêter de juger les autres (parfois durement).

Essayez d’apprendre à porter un regard plus tendre sur le monde qui vous entoure, notamment en gardant en tête qu’il est rare que les comportements qui vous peinent vous soient personnellement adressés.

Ensuite, donnez vous les moyens d’apprendre à vous affirmer paisiblement, sans violence et sans agressivité. Affirmez vos opinions calmement quand elles diffèrent de celles des autres et, surtout, ne cherchez pas à convaincre à tout prix.

Vous découvrirez alors qu’une différence de point de vue produit plus souvent des conversations passionnantes que des crises de hurlement. À condition bien sûr de rester maître de ses émotions et de ne pas se laisser emporter.

Vous découvrirez aussi que l’on peut s’affirmer sans vexer ou blesser les autres. Bien sûr, tout cela est beaucoup plus facile quand on est fier et heureux de la vie que l’on mène. Ce qui induit cependant de faire preuve d’un minimum d’humilité pour ne pas verser dans l’arrogance ou la suffisance 😊.

Avoir un travail qui vous plaît et jouir d’une vie de famille qui vous convient permet de s’affirmer calmement sans souffrir des différences d’opinions qui existeront toujours. Enfin, si vous souffrez d’anxiété sociale depuis de longues années et malgré tous vos efforts, je vous invite à commencer par suivre une thérapie comportementale.

C’est la méthode que l’Assurance maladie (AMELI) recommande en priorité pour se débarrasser de l’anxiété et des phobies. Sachez le: un bon comportementaliste vous permet de vaincre votre blemmophobie en quelques semaines seulement.

Si cela vous intéresse, alors je vous invite à regarder la vidéo ci-dessous.

Peur du regard des autres: La phobie du jugement social

Le regard des autres influence naturellement notre comportement. Nous aurions tort de souhaiter nous débarrasser complètement et définitivement de cette influence. Le regard des autres a des effets positifs sur nous, surtout quand il est bienveillant.

En revanche, quand la peur du regard des autres devient paralysante, on parle de blemmophobie. On doit alors demander de l’aide pour guérir.

Blemmophobie: Le nom de la peur du regard des autres

La peur du regard des autres est très répandue et elle est bien naturelle. Sans cette peur, la vie en société serait totalement impossible. Le philosophe Lévinas disait: « Dès que le visage de l’autre apparaît, il m’oblige« .

Le visage n’étant pas seulement la face, mais l’ensemble de caractéristiques qui font de lui un être pensant et unique. Vivre avec les autres, c’est entrer dans une relation de négociation constante.

Même quand elle n’est pas exprimée, cette relation a un poids et m’interdit certains comportements. C’est ce que l’on appelle le poids du jugement des pairs.

La peur d'être jugé(e): S'exposer aux critiques

Un peur comme d’avoir peur d’être exposé(e) au jugement des autres, aux critiques, quand on est sous les projecteurs comme les actrices, acteurs, et autres comédiens. Le regard des autres, la peur d’être jugée est alors la même quand on souffre de peur de parler en public (la glossophobie).

Ainsi, nous nous construisons tout au long de notre vie par rapport au regard des autres. C’est parce que nous recueillons les opinions des autres que nous parvenons à produire notre propre capacité de jugement.

Nous sommes constamment influencés par les autres, leurs idées, leurs comportements et leurs regards. Si vous vous préoccupez du regard des autres, c’est tout à fait normal. En revanche, dans certains cas, savoir que le regard des autres existe nous empêche de vivre une vie normale.

On ne parle pas ici de se retenir de faire tout ce qui nous passe par la tête, mais bien de ne plus être capable de réaliser des actions simples du quotidien. Par exemple, demander un simple renseignement à l’accueil d’un lieu devient impossible, tant on craint d’être jugé et déconsidéré.

Quand la peur du regard des autres atteint un tel niveau, on parle de blemmophobie. Comme toutes les phobies, elle repose sur l’émergence de pensées irrationnelles et l’incapacité du patient à trier les informations pertinentes.

Par exemple, le regard des autres ne devrait pas vous inquiéter quand ce n’est pas celui d’un proche ou d’une personne que vous estimez.

Quelles sont les origines de la blemmophobie?

La blemmophobie est une phobie assez répandue. Parfois, elle est associée à un autre trouble anxieux comme l’agoraphobie ou la phobie sociale. Les personnes qui en souffrent ont de grandes difficultés à se trouver au milieu de larges groupes.

Soit parce qu’ils craignent de ne pas pouvoir s’échapper facilement en cas de problème. Soit parce qu’il ne supporte pas de sentir le regard des autres sur eux. Même manger en public peut devenir très compliqué.

Peur de manger devant tout le monde, ou peur du jugement social

Comme toutes les phobies, ces cas de blemmophobie et de phobie sociale apparaissent souvent après un traumatisme. Quelle que soit la nature du traumatisme, il peut provoquer l’apparition de troubles anxieux qui, selon leur gravité, s’expriment notamment par l’apparition d’une phobie.

Parfois, le lien entre la phobie et le traumatisme n’est pas évident à faire. Néanmoins, la blemmophobie est une phobie dont la majorité des cas semble liée à l’éducation et au milieu dans lequel l’enfant grandit.

Les enfants victimes de violences physiques ou psychiques développent souvent des troubles anxieux à l’âge adulte. De même, les enfants dont les parents souffrent de troubles anxieux sont éduqués dans un milieu anxiogène.

On leur apprend à avoir peur de tout et ils deviennent eux-mêmes anxieux. À l’âge adulte, l’anxiété que l’on n’a pas soignée produit les premières phobies sérieuses. On doit alors prendre des dispositions radicales rapidement, car toutes les phobies que l’on ne soigne empirent jusqu’à devenir vraiment handicapantes.

Pourquoi avez-vous peur du regard des autres?

On retrouve la crainte excessive de la peur du regard des autres chez les adultes qui ont reçu une éducation particulièrement stricte, même si elle ne le semblait pas. Un enfant que l’on encourage toujours à se montrer calme et correct sans jamais lui offrir d’espace où être lui-même développe plus facilement ce genre de trouble.

On remarque également que les enfants qui souffrent de l’absence d’un parent ou de son manque d’intérêt pour lui ont du mal à bâtir un amour-propre suffisamment solide. Le parent absent devient alors pire qu’un parent strict puisque l’enfant n’est jamais assez bien pour attirer son attention.

Parfois, le parent en question ne se trouve pas rigide du tout, mais s’il ne s’intéresse à l’enfant que pour le réprimander, celui-ci intègre la nécessité d’être transparent pour être aimé. À l’âge adulte, ces mécanismes de défense disparaissent si on a la chance de rencontrer les bonnes personnes et de vivre certaines situations positives.

Malheureusement, dans un monde économique où les jeunes ont de plus en plus de mal à s’affirmer par le travail et l’indépendance, ils ont également du mal à se détacher de cette position d’enfant discret et malmené qui les fait souffrir.

Ne plus avoir peur du regard des autres exige d’accepter de s’imposer – de s’affirmer – malgré ses difficultés.

Peut-on vaincre la peur du regard des autres?

La blemmophobie, comme toutes les phobies se soignent très bien, à condition de se faire aider par un professionnel. Plusieurs solutions existent, mais elles n’ont pas toutes exactement la même efficacité.

De plus, leurs résultats varient en fonction des patients. N’hésitez donc pas à essayer plusieurs solutions pour vous assurer d’obtenir les résultats que vous cherchez. La première solution, et la plus efficace, c’est la thérapie comportementale stratégique et brève de Palo Alto.

La peur du jugement: comment s'en sortir?

Les exercices cognitifs et comportementaux permettent d’objectiver la peur et de la vaincre progressivement. Près de 90 % remarquent des résultats dès la première séance et se considèrent comme guéris après quelques semaines seulement!

En plus, certains comportementalistes proposent des solutions 100 % en ligne et toujours très efficaces. Ensuite, vous pouvez essayer la psychothérapie. Une analyse sur le long terme permet également de venir à bout des angoisses et des phobies.

En explorant les sources de vos difficultés, vous apprenez à prendre de la distance et à lâcher prise pour limiter leurs conséquences sur votre quotidien. La psychanalyse, en revanche, demande un investissement plus important puisque la thérapie dure plusieurs années.

Je ne vous conseille cependant pas de suivre une psychanalyse en parallèle d’une thérapie comportementale. Enfin, l’hypnose est une autre très bonne solution. Elle est compatible avec les autres types de thérapies, mais elle ne fonctionne malheureusement pas sur tous les patients, loin s’en faut.

Certains ne sont pas réceptifs et on ne peut rien y faire.


Article rédigé par Frédéric Arminot, coach comportemental

Soigner la phobie sociale grâce au Programme ARtUSSpécialisé dans le traitement des problèmes d‘angoisse, d’anxiété, de dépression, de phobie, et de toc, il exerce depuis plus de 25 ans en qualité de comportementaliste.

Ancien grand anxieux, et victime d’angoisses aux multiples conséquences des années durant, il a créé un programme de thérapie comportementale en ligne:

Le Programme ARtUS

Cette méthode thérapeutique résout 16 cas sur 17, soit + 95 % de résultats.



Frédéric Arminot

Master Class: Des outils efficaces à la portée de tous
Commentaires (17)
  1. Bonjour Evariste,

    Je viens de vous adresser mon adresse e-mail par mail.

    Bonne journée.

  2. evariste dit :

    Merci beaucoup. Auriez vous l’amabilité de nous laisser un adresse e-mail?

  3. Bonjour Dany,

    Je vous réponds par mail.

    Belle journée, Frédéric

  4. dany trudy dit :

    depuis le module2 que j’ai commence avant hier, cela fait deux nuits que je fais des rêves désagréables voir angoissant. Cet exercice me fait peur . Est-ce normale comme réaction?

  5. Bonjour Simon,
    Merci de votre message.

    Je suis désolé d’apprendre que vous souffriez de ces problèmes.

    Je vous ai contacté par email afin d’en discuter en privé.

    Je suis de tout cœur avec vous.
    Frédéric

  6. Simon dit :

    Bonjour,
    je souffre d’anxiété sociale depuis des dizaines d’années. Je vis entre l’anxiété, états dépressifs et pensées négatives. Sur internet, il existe pléthore de thérapeutes qui sont spécialisés dans les troubles anxieux ou manque de confiance en soi. Il est difficile de s’y retrouver d’autant qu’on doit souvent acheter la thérapie pour avoir connaissance de son contenu. Comment se déroule concrètement le programme ? J’ai l’impression que ce sera la surprise à découvrir seul après l’achat et je ne veux plus acheter des programmes qui promettent des choses et qui ne tiennent pas leurs promesses. Merci pour votre attention et votre réponse Monsieur Carminot. J’ai juste besoin d’y voir plus clair. Trop d’offres = qui croire?

  7. Bonjour Hélène,

    Je viens de vous adresser un mail à l’attention de votre fils. Pourriez-vous lui transmettre ce message?

  8. Hélène dit :

    Bonjour,
    Mon fils a 26 ans et a cessé toute activité professionnelle du fait de sa phobie sociale et ce malgré ses études d’ingénieur. Nous nous trouvons dans une impasse. Il est chez nous depuis un an. Nous sommes en Vendée. Nous jetons de nouveau une bouteille à la mer..
    Cordialement Hélène

  9. Bonjour,

    Je suis désolé des problèmes auxquels votre fille et vous même êtes confrontées. Je vous ai adressé un mail pour vous poser un certain nombre de questions. Pourriez-vous y répondre?

    Merci par avance.

  10. Chaouki dit :

    Bonsoir a tous ,dans vos récits ,je retrouve l’histoire dans ma fille qui a une phobie social sévère depuis des années ,et qu’on arrive pas à traiter ,nous sommes désespères ,plusieurs psy ,plusieurs traitements et rien ,j’en viens a lancer une bouteille à la mer en guise s o s ,je ne sais plus quoi faire.

  11. Bonjour,

    Je vous suis reconnaissant de votre partage, et vous félicite pour votre courage. Parler de votre problème est un pas de plus sur le chemin de votre mieux-être à venir. Du coup, il serait intéressant pour vous d’aller plus loin encore.

    J’entends par là, vous donner les moyens de franchir ce mur dont vous parlez, sans vous préoccuper de sa hauteur. Et en mettant un terme définitif à vos ruminations (lesquelles ont pour fonction de vous rassurer et/ou de trouver une solution alors qu’en fait cela ne fait qu’enrichir votre problème). Ce qui aurait pour résultat de vous permettre de retrouver confiance en mettant un terme définitif à vos angoisses.

    Qu’avez-vous fait jusqu’à maintenant pour résoudre votre problème?

  12. Servi dit :

    Bonjour,
    Je me présente un peu, jeune femme de 25ans, souffrant depuis pratiquement de phobie sociale.
    Je suis suivie depuis 1 ans et demi par une psychologue qui m’a diagnostiqué.
    Je me suis reconnu dans votre récit.
    J’ai toujours eu en moi, des l’enfance, des angoisses, mais jusqu’à il y a deux ans, j’arrivais à vivre avec.
    Mais tout à changer il y deux ans… Déjà à cette époque, je n’avais pas confiance en moi et une très faible estime de moi-même. Et puis à suivis le harcèlement d’une supérieure, qui m’a rabaissé, humilié.. Depuis ce jour, je vis avec des angoisses permanentes… Difficultés à me confrontés seul aux situations du quotidien (travail, course..). Je suis actuellement dans l’incapacité de travailler à cause de tout ça. Le simple fait de l’évoquer me rend malade (dans tout les sens du terme.) Cela fait du coup deux ans que je n’ai pas travaillé.
    J’ai l’impression aujourd’hui d’être face à un mur , beaucoup trop haut pour moi. D’être prisonnière de mes angoisses et de ne pas pouvoir mener une vie légère, sans ces millions de questions a la seconde!

    Vous lire m’a donné envie de partager avec vous mon expérience face à ce mal qui me ronge et qui est si mal connu et reconnu.

    Merci !

  13. Bonjour Van,

    J’imagine combien c’est difficile pour vous de constater encore une fois que les autres vivent leur vie, c’est sans doute ce que vous pensez mais rien ne vous dit que cette vie leur soit plaisante, et que vous êtes prostrée, cloitrée, prisonnière de vos douleurs tant psychiques que physiques.

    Je comprends que vous écriviez, non sans une certaine frustration voire colère, dépit ou déception – mais peut-être me trompe-je -, je cite: « … j’attendais votre aide… ». Je suis là Van. Mais, dans ces 2 premiers jours depuis lesquels vous avez débuté le programme, je conviens ne pas être d’une grande utilité immédiate, ce qui me semble normal. Pour traiter vos peurs, il vous faut vous armer d’un peu de patience bien que cela vous soit demandé une fois de plus et que vous êtes, sans doute, lasse d’attendre un changement.

    Pour que je puisse vous aider, en plus du programme lui-même, il convient que nous ayons un peu de « matière », et que vous ayez avancé dans le dit programme. Dès lors, essayez de suivre les exercices tels qu’ils vous sont présentés, et sollicitez moi quand vous avez des questions ou besoin de précisions. A ce moment là, je serais là, présent, pour vous répondre et vous aider dans votre quête légitime de bien être.

    Vous êtes en marche Van. Vous commencez à peine. Alors, essayez de ne pas être trop exigeante avec vous même.

  14. van dit :

    Bonjour Frédéric, je suis inscrite depuis 2 jours. Ce matin je vais très mal, cette anxiété sociale m’empêche de vivre. Je reste au lit toute la journée, jambes et bras en coton, mal dans la région du plexus (c’est toujours dur, tendu) Les autres sortent se promener, il y a un beau soleil. J’ai peur de marcher et de tomber, de sortir. Je ne vois personne. J’attendais votre aide. Merci de m’avoir lu. J’avais besoin d’écrire.

  15. Bonsoir Hélène,

    Quel âge a votre fils et dans quelle région habitez-vous?

  16. Marmier dit :

    Bonsoir,
    Notre fils souffre beaucoup de cette phobie sociale depuis deux ans. Aucun psychologue ni psychiatre n’est parvenu à le guérir… Quelles sont les clés pour guérir de cette phobie extrêmement handicapante pour lui ?
    Merci pour votre réponse,
    Hélène

  17. F.ARMIdable dit :

    Histoire de Lionel intéressante à lire,bien narrée, mais il n’est pas dit concrètement comment il a guéri.
    PSE kesako?

    Vous parlez à la fin de timidité…était il vraiment anxieux/phobique social ou juste très timide…?
    « il fera diminuer le handicap que lui infligeait sa timidité. »
    Je dis ceci car les comportements/attitudes/choses craintes ne sont pas les mêmes entre un gros timide et un anxieux/phobique social.

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