Qu’est-ce que l’aboulie ? La première fois où j’entends ce mot, je me demande immédiatement s’il s’agit d’un sport. J’ai un peu honte mais c’est ma réalité à ce moment-là.

Quand ce professeur de musique me présente son problème sous ce vocable, il m’en explique le symptôme principal : la disparation totale, ou quasi totale, de la volonté, comme une impossibilité d’agir.

Une fois sa définition plus précise à mon esprit, je pense à la dépression, à la procrastination. En bref, à l’absence totale de désir.

La définition de ce manque de volonté pathologique est assez claire. Mais le plus souvent, elle est rapportée à une maladie psychiatrique. Je suis même effaré de constater que d’aucuns médecins l’apparentent à de la démence.

Peut-être avez vous déjà lu sur mon Blog, combien j’exprime ma résistance – ou ma réticence – à propos de la psychiatrie. Cela me donne d’excellentes raisons de m’intéresser de plus près à ce phénomène, en plus du fait que certaines des personnes qui me consultent ou m’interrogent par mail présentent des symptômes susceptibles de s’apparenter à ce problème.

L’aboulie est une perte de la volonté

Vous vous demandez quelle est la définition de l’aboulie ou d’une personne aboulique ?

Si je me réfère à ce qui est écrit le plus souvent à ce propos, il s’agit, je cite : « Affaiblissement de la volonté. Inhibition de l’activité physique et intellectuelle. Absence de désir à quelque propos que cela soit« . Du coup, je confirme. Parle-t-on d’une perte pathologique de la volonté ou du désir et, partant, de dépression ?

Cette perte de volonté ou ce manque de volonté empêche de prendre toute décision à quelque propos que cela soit, et ce dans tous les domaines de la vie d’un individu.

Or, une personne qui souffre de dépression ressent les mêmes symptômes. Il est vrai que ceux relatifs à ce manque de volonté sont à considérer comme relevant d’une dépression sévère.

Différences entre aboulie, apragmatisme, anhédonie et aboulomania

Attention à ne pas confondre l’aboulie avec d’autres concepts tels que l’apragmatisme, l’anhédonie ou encore l’aboulomania. L’apragmatisme a pour définition : « symptôme psychiatrique qui se traduit par une incapacité à entreprendre des actions. Il en résulte une perte d’initiative motrice, une inaction prolongée« .

C’est par exemple, le cas d’une personne qui serait victime d’une peur de manquer d’argent tout en étant incapable d’agir pour que cela change. Dès lors, on peut parler de sidération émotionnelle.

La définition de l’anhédonie est la suivante : « Symptôme médical retrouvé dans certaines maladies psychiatriques et parfois chez le sujet exempt de trouble. Il caractérise l’incapacité d’un sujet à ressentir des émotions positives lors de situations de vie pourtant considérées antérieurement comme plaisantes. »

De son côté, l’aboulomania s’apparente à une indécision pathologique. Les personnes qui en souffrent ont peur de faire des choix par crainte de ne pas faire les bons.

Les symptômes de l’aboulie

Bien que les symptômes de l’aboulie varient d’une personne à l’autre, les symptômes les plus fréquents sont les suivants :

  • Impossibilité de prendre une décision,
  • Incapacité à réaliser des tâches même de faible envergure,
  • Impossibilité à concevoir et « monter » des projets,
  • Procrastination,
  • Incapacité à communiquer,
  • Phobie sociale ou anxiété sociale,
  • Timidité,
  • isolement social ou affectif.

Il n’est donc pas question d’angoisse ou d’anxiété bien que, de façon surprenante, le second puisse être un symptôme déclencheur de cette pathologie.

Le diagnostic de l’aboulie

D’aucuns veulent que l’aboulie soit exclusivement diagnostiquée par des médecins psychiatres.

Ceci n’a rien d’étonnant quand on sait ce qu’il en est de la culture française en matière d’étiquetage psy. Mais, qu’est-ce qui est plus important ? Diagnostiquer seulement une pathologie ou comprendre son mécanisme avec l’objectif, stratégiquement, de lui trouver une solution pérenne ?

Je penche plutôt pour la seconde version et ce d’autant plus que c’est bien joli de réaliser des diagnostics mais, pour autant, la solution est spécifique à chaque patient.

En effet, l’anhédonie repose sur un mécanisme propre à chaque individu sur la foi de sa vision du monde, de ses représentations et, partant, de sa personnalité.

En conséquence de quoi, de la même façon que dans un précédent article dans lequel j’exprime des réserves quant à un diagnostic de la bipolarité, il est important de noter que, quel que soit le diagnostic, il convient de se référer au mécanisme du problème.

Les conséquences de l’aboulie

La plupart du temps, les personnes concernées sont comme des personnes souffrant de dépression. Elles ont une incapacité à penser, faire ou agir. Cette impossibilité provient de l’inhibition de toute forme de désir pour quoi que cela soit, un peu comme si leur vie, ou leur quotidien, n’avait pas ou plus de sens.

Nonobstant la relation de cause à effet qui puisse exister entre, par exemple, l’aboulomania et des symptômes de burn-out, le ou la patient(e) est comme éteint(e). Elle n’a plus d’énergie à consacrer à son propre accomplissement.

Il est donc important de comprendre, et d’accepter, que cette même personne n’est aucunement responsable de ce qui lui arrive. Elle est un peu comme une batterie dépourvue de courant électrique.

De fait, il est stérile d’exiger quoi que ce soit d’une personne qui souffre d’un tel problème lequel est souvent lié à des problèmes sous-jacents qu’il faut investir pour mieux comprendre et soigner.

Traitement de l’aboulie

Aboulie et dépression sont parfois confondues. Sur la foi de symptômes plus apparentés à la dépression, le premier réflexe consiste à aller consulter son médecin généraliste voire un médecin psychiatre.

Celui-ci prescrit sans doute une batterie d’anti-dépresseurs, et vous serez désigné volontaire d’office pour en consommer durant un bon moment avec tous les risques d’accoutumance que cela comporte. Mais le traitement médicamenteux de l’aboulie n’est pas la seule solution.

L’approche systémique de Palo Alto est un excellent moyen à la fois pour diagnostiquer le mécanisme de l’aboulie dont vous êtes victime mais aussi pour prescrire des exercices comportementaux qui permettent de rapidement sortir de votre problème et, par conséquent, de retrouver le plaisir du désir.

La plus grande des difficultés pour traiter l’aboulie réside dans la capacité du thérapeute à créer un climat chez la personne concernée qui éveille son désir de consulter une première fois, et de revenir ensuite.

La suite du traitement est une question de stratégie thérapeutique qui repose sur la compétence de l’intervenant thérapeutique. Ce qui, bien évidemment, pose aussi la question de la confiance dans la relation.

En plus de 20 ans de pratique du coaching comportemental, j’ai traité des personnes victimes d’aboulie. Cette pathologie n’est pas plus facile ou plus difficile à traiter qu’une autre.

Il convient de s’impliquer de façon suffisamment inventive de sorte à ce que, encore une fois, l’idée du désir d’être et de faire, comme la volonté, jaillisse de nouveau. De façon progressive, bien que vers un corps et un esprit inhibés. Comme sidérés.

Pour vaincre un problème d’aboulie, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous :


La + efficace des solutions commence ici.


Ressources

Livres

Articles et essais

  • « L’aboulie«  par Henri Ey : Un essai qui aborde le concept d’aboulie du point de vue de la psychiatrie.

Article mis à jour le 8 novembre 2023 par Frédéric Arminot.

    3 replies to "Comment se débarrasser de l’aboulie ?"

    • Bonjour Ingrid,

      N’auriez-vous pas l’impression de jouer sur les mots?

    • ingrid

      Il n’y a pas disparition totale ou quasi totale de la volonté dans l’aboulie, pas plus qu’absence totale de désir ! La volonté est toujours là, l’envie aussi, c’est au niveau du passage de la volonté à l’action que se trouve le problème. Ça « n’enclenche » pas. C’est comme si il manquait des dents à la roue crantée du mécanisme qui permet de déclencher l’action qu’on a pourtant envie de faire.
      Bien sûr, après des années de ce calvaire on fini par ne plus s’autoriser à avoir des désirs puisqu’on sait bien qu’on n’arrivera pas à les réaliser, et on perd petit à petit sa volonté, mais ce n’est plus l’aboulie, là, ça n’en est que la conséquence.

    • Bonjour Nicole,

      Je vous renvoies vos login par email.

      Frédéric

Leave a Reply

Your email address will not be published.