Traitement des troubles psychotiques avec l’approche comportementale

Troubles psychotiques - Comment faire

Quand on parle de troubles psychotiques, c’est un peu comme si on personnifiait le diable. Les troubles psychotiques sont souvent associés à quelque chose qui fait peur, à un trouble du comportement associé à la folie.

Nonobstant cette peur compréhensible, bien que le plus souvent fondée sur un manque d’informations, je trouve que l’on oublie trop souvent la douleur des personnes victimes de ce type de trouble. Or, il est trop souvent occulté que des soins sont possibles, et que l’approche comportementale est réputée être le traitement le plus efficace contre les troubles psychotiques. En effet, cette approche thérapeutique présente 3 avantages par rapport aux autres traitements:

  • Elle traite les troubles psychotiques à la racine
  • Elle  est sans effets secondaires
  • C’est une approche brève (courte durée)

Dans cet article, vous trouverez un bref historique de ce qu’est la thérapie comportementale, suivi d’un exposé tout aussi bref de ce que sont les troubles psychotiques et, enfin, de quoi il retourne en matière de traitement des troubles psychotiques en lien avec la thérapie comportementale.

Troubles psychotiques: Historique de l’approche comportementale

L’approche comportementale a officiellement vu le jour au 19e siècle. Mais bien avant cette période, les archives scientifiques montrent que la méthode était utilisée à l’époque des lumières et, plus loin encore, l’antiquité.

Au cours de l’antiquité, Hippocrate utilisait quelques méthodes issues de l’approche comportementale pour guérir ses patients souffrant de phobies. Les Yogis, un peuple pratiquant le bouddhisme, ont également utilisé quelques techniques de traitement pour le contrôle des fonctions physiologiques à l’aide de la méditation.

À l’époque des lumières, au 18e siècle, le philosophe John Locke utilisait l’exposition aux situations anxiogènes pour traiter la phobie chez plusieurs enfants.

À partir du 19e siècle, l’approche comportementale a connu trois vagues:

  • La première vague s’est développée en Amérique du Nord avec des précurseurs comme Skinner, Wolpe et Eysenck. Elle s’est reposée sur l’analyse des comportements humains et des facteurs influant leur changement. Elle étudie également les interactions qu’une personne entretient avec son environnement, et les relations qu’elle a avec ses proches
  • La seconde vague s’est développée dans les années 70 avec les travaux des scientifiques Ellis et Beck. Leurs différentes recherches ont duré 20 ans, période à l’issue de laquelle il a été admis que pour changer les comportements d’une personne, il faut changer ses pensées et, plus que ses pensées, il faut faire évoluer ses propres comportements. Dans les années 1990, le traitement a démontré son efficacité sur les troubles dépressifs comme l’anxiété et est devenu la thérapie la plus utilisée aux États-Unis d’Amérique
  • La troisième et dernière vague a ajouté une dimension émotionnelle au traitement comportemental. Elle a donné naissance à la théorie de la pleine conscience qui est aujourd’hui utilisée au cours des séances

Troubles psychotiques: L’approche cognitive

L’approche cognitive et comportementale a vu le jour en France dans les années 1970. Elle a été promue par des associations comme l’Association française de Thérapie Comportementale et Cognitive créée en 1972, et l’Association Francophone de Formation et de Recherche en TCC créée en 1994.

Dernière précision, la thérapie cognitivo-comportementale est officiellement reconnue par l’État français dans la mesure où ce type d’approche comportementale est enseignée au sein des universités françaises.

Vous me permettrez cependant de penser que ce n’est pas nécessairement une référence quand on sait qui siège dans ce type d’instances, ce qu’il en est des jeux de pouvoirs, et d’un certain nombre de diktats normatifs répétés. En plus du fait que cette thérapie privilégie les exercices sous contraintes, c’est à dire les exercices d’exposition.

Troubles psychotiques: Une question de stratégie

En ma qualité de comportementaliste, mes méthodes comportementales, les stratégies que j’utilise pour aider un patient, n’ont rien de normatif. Si une personne se sent mieux en se mettant un doigt dans l’œil, ou en faisant les pieds au mur, si je vous concède que ce n’est pas scientifique, en tous cas c’est efficace. N’est-ce pas ce qui compte le plus que cette vision là du patient? Et, pourquoi, alors, en faire un problème?

Dussè-je m’attirer les foudres d’un certain nombre de gens, je précise que les associations précédemment citées ne sont pas représentatives de la thérapie comportementale elle-même.

En effet, la TCC n’est pas la thérapie comportementale issue de l’approche systèmique de Palo Alto d’une part, et ces mêmes associations sont principalement pourvues de médecins psychiatres (lesquels pratiquent plus volontiers  la prescription médicamenteuse que la thérapie), et de psychologues dont la vision analytique prend plus souvent le pas sur la thérapie comportementale d’autre part.

Maintenant que j’ai écrit çà, il va falloir que je me trouve un abri…

Les différentes formes de troubles psychotiques

Il existe plusieurs formes de troubles psychotiques. Ces derniers varient en fonction de leurs symptômes, et du niveau d’influence qu’ils ont sur le quotidien de la personne en souffrance. Voici quelques-uns d’entre eux:

Troubles psychotiques: La schizophrénie

C’est un trouble du cerveau qui endommage les pensées, les sentiments et les émotions d’une personne. Une personne schizophrène a des comportements et des perceptions qui diffèrent de ceux d’une personne “normale” (la normalité n’empêchant nullement les névroses). Cette personne atteinte de schizophrénie peut:

  • Avoir des difficultés à interagir avec son entourage
  • Faire l’objet d’idées étranges
  • Souffrir d’ hallucinations et délirer
  • Penser que des personnes lui veulent du mal (paranoïa)
  • Se sentir en insécurité permanente
  • Se replier sur elle-même sans raison apparente
  • Avoir du mal à séparer le réel de l’irréel
  • Le trouble bipolaire

Une personne atteinte de trouble bipolaire a des changements brusques d’humeur. En quelques secondes, elle peut passer d’un état d’excitation à un état dépressif. Les symptômes varient en fonction de l’état dans lequel se trouve la personne concernée.

Dans un état d’excitation (maniaque), cette personne peut se voir comme une personne exceptionnelle et dotée de capacités phénoménales. Mais, dans un état dépressif, elle peut entendre des voix qui la dévalorisent et tendent à lui faire croire qu’elle ne peut rien accomplir de bien, de positif et de constructif dans sa vie.

Troubles psychotiques: Le trouble délirant

Le trouble délirant affecte les idées et les pensées. La personne qui en souffre a des difficultés à se concentrer ou à suivre une conversation. A titre d’exemple, cette même personne peut se convaincre qu’une star est tombée amoureuse d’elle. D’autres personnes ont l’impression de sentir mauvais, ou d’être poursuivies par des personnes invisibles. Le trouble délirant a donc un caractère obsessionnel.

Le trouble schizoaffectif

Les personnes victimes de trouble schizoaffectif éprouvent à la fois des symptômes de schizophrénie, et des troubles de l’humeur. Elles se disent que leurs pensées sont contrôlées par des forces extérieures. Elles peuvent rester enfermées dans une chambre toute une journée par peur de rencontrer du monde.

Troubles psychotiques: Les phases de traitement

Dans le cadre du traitement des troubles psychotiques, les séances de thérapie comportementale se déroulent en 4 grandes phases:

L’étude du problème 

Au cours de cette phase, le coach comportemental identifie les différents aspects du trouble: le genèse du problème (son historique en quelque sorte), les facteurs déclencheurs, les facteurs de maintien, les causes (histoire de l’enfance, éducation reçue, expériences au cours de l’adolescence, et pendant la vie adulte). Dans certains cas, il arrive que ce soit après cette première consultation que le patient prenne réellement conscience de son trouble mental.

La mise en place d’un plan de traitement

La thérapie comportementale met le patient au cœur de son traitement. Il en est l’acteur principal. Au cours de cette seconde phase, le thérapeute l’aide à déterminer un objectif à atteindre, et lui présente les différentes méthodes qui seront utilisées. Il lui expose aussi l’effort personnel qu’il devra fournir pour atteindre l’objectif défini.

Le traitement des troubles psychotiques

Le traitement des troubles psychotiques se fait par l’utilisation des différentes techniques précédemment convenues. Le thérapeute aide son patient à identifier les schémas de pensées et les comportements problématiques afin de les remplacer par d’autres qui ont vocation à être plus adaptés à la réalité.

À son rythme, et de façon naturelle, le patient éprouve – sans peurs handicapantes – le désir d’affronter les choses qu’il redoute afin de développer des réactions plus appropriées (et de cultiver sa confiance en soi).

L’évaluation des résultats

Cette évaluation est réalisée au fur et à mesure que le traitement évolue. Elle permet d’ajuster les méthodes utilisées en fonction des objectifs visés, de sorte à venir à bout du trouble psychotique.

J’espère que cet article vous aura éclairé quant aux troubles psychotiques et à leur traitement. Si vous souhaitez partager une expérience liés aux troubles psychotiques, ou exprimer un commentaire, n’hésitez pas à le faire à l’aide du formulaire en dessous du présent article.

Merci de votre intérêt comme de votre confiance. Prenez bien soin de vous.

| Frédéric Arminot

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut