Le syndrome de la camionnette blanche: Un gros facteur de stress

Le syndrome de la camionnette blanche

Le présent article n’a pas à voir, à priori, avec les questions de troubles du comportement. Du moins, pas tels que je vous en parle depuis longtemps au sein de ce blog. Et pourtant. Le syndrome de la camionnette blanche a un lien avec des questions de comportement social. C’est un vecteur d’angoisses comme de troubles anxieux. Partant, de stress.

Ce sont mes enfants qui, un jour, m’ont parlé de ce syndrome alors que nous discutions sur la façon de conduire d’une personne devant nous.

Ce jour là, nous nous rendons chez des amis en voiture. Sur la route, je peste de façon appuyée au sujet d’une camionnette blanche qui nous coupe la route. Cette manœuvre brutale nous met en danger.

Mes enfants, qui n’en sont plus, en sont quitte pour une grosse peur. Effectivement, pour éviter un accident, je donne un soudain coup de volant. C’est ainsi que nait ce concept du syndrome de la camionnette blanche. Qu’en est-il au juste? C’est ce que j’essaie de vous expliquer dans cet article.

Définition du syndrome de la camionnette blanche

D’après mes recherches, en France, il existe près de 400.000 véhicules légers de transport de marchandises. Il est entendu que ces véhicules sont accessibles à des personnes possédant le permis VL. Véhicules légers de moins de 3,5t. Les activités de transports sont très diverses. Elles peuvent aller du transport de Fret au transport Express. En passant par celui de matériels et matériaux divers en lien avec l’activité de l’entreprise. Laquelle achète ou loue ce type de véhicules.

Les dits véhicules parcourent chaque année des millions de kilomètres sur le territoire français. En termes d’accidentologie, le risque est patent.

Le risque est d’autant plus important que, la plupart du temps, les personnes salariées de ces sociétés sont soumises à des emplois du temps serrés. Voire à des cadences importantes. Elles doivent livrer rapidement. En des lieux parfois très distants les uns des autres. Il faut donc aller vite. Et aller bien. Encore une question de rentabilité. Le grand drame de notre joli monde.

Alors, vous imaginez la suite. Allez vite sans prendre nécessairement la mesure des risques. Ou alors, les ignorer. Les conducteurs de ces véhicules légers sont donc pressés. Beaucoup d’entre eux ont autre chose à faire que du lien social. Ou des amabilités automibilistiques. Je sais, c’est un peu compliqué à prononcer. Mais j’aime bien.

Le syndrome de la camionnette blanche: Une question de contexte

Point important. Qu’il s’agisse de camionnette blanche a son importance dans la genèse de ce que je considère comme un problème. Pourquoi blanche? C’est simple:

  • Pas de frais supplémentaire à l’achat (option peinture)
  • Facile à repeindre (carrosserie)
  • Peu salissant. En tous cas la saleté s’y voit moins que sur une voiture de couleur
  • Carrosserie facile à entretenir
  • Etc.

Cela procède donc d’un choix économique de la part des employeurs. Ils cherchent à faire mieux en diminuant les coûts. Je comprends. Bien que cela explique la suite, cette même suite ne constitue pas une excuse.

Donc, je reprends. Nous avons:

  • Un employeur qui veut gagner le plus possible en dépensant le moins possible (merci l’état français)
  • Un employeur gestionnaire qui diminue et rentabilise les coûts (immobilisation, personnel, etc.)
  • Des véhicules dits utilitaires qui ont une fonction. Ils ne sont pas là pour faire de la représentation sociale
  • Des salariés stressés. Et ce d’autant plus qu’ils doivent aller vite. En plus de subir le stress, voire l’angoisse de conduire (acccidentologie, perte de la prime accident, meilleure prime si meilleur rendement, etc.)

Donc, en un mot comme en cent, nous avons tous les ingrédients pour créer une situation de tension. Une situation de conflit. Celle-là même où la peur a une place prépondérante.

Le syndrome de la camionnette blanche: Un comportement anti-social

Que ce soit clair. Ce qui précède, et ce qui suit, n’est pas une généralité. C’est le fait d’un petit nombre. Mais, comme à l’accoutumée, c’est toujours une minorité qui fait c…. une majorité.

Si l’on considère l’ensemble des éléments exprimés dans le paragraphe précédent, nous avons des personnes pressées. Elles prennent des risques pour satisfaire leurs obligations et leurs objectifs. A ceci près que, pour beaucoup d’entre elles, elles prennent ces risques au détriment des autres.

Ainsi, qui ne voit jamais une camionnette blanche lui couper la route? Déboiter sans prévenir de droite ou de gauche? Ou encore, vous faire une queue de poisson. Vous dépasser par la droite à une vitesse hallucinante, vous pousser par l’arrière. Faire un geste très expressif et appuyé pour vous faire comprendre que vous gênez. Ceci, que soyez outré(e) ou pas. Et alors que le salarié conducteur de la camionnette blanche s’en moque comme de sa première couche-culotte.

Et pourquoi le conducteur de la camionnette blanche se moque t’il de la peur ou de la colère qu’il engendre chez les autres automobilistes?

Le syndrome de la camionnette blanche:  Le bénéfice de l’anonymat

Peut-être avez vous remarqué que, le plus souvent, ce ne sont pas des camionnettes siglées qui ont ce genre de conduite dangereuse. Je parle de camionnette avec de la pub sur le côté. Ou à l’arrière. Leurs conducteurs ne font pas ce genre de choses, Pourquoi? Tout simplement parce-qu’il est facile de les identifier.

Les chauffeurs qui adoptent une conduite dangereuse sont ceux dont les véhicules ne comporte aucune mention liée à l’activité professionnelle. Leur comportement d’automobiliste se fonde sur la peur de l’autre. Sur la peur faite à l’autre.

L’idée consiste à s’imposer à l’autre pour son bénéfice à soi. Sans considération ni respect pour les autres. Ainsi, nous avons peur de l’accident responsable. De l’immobilisation du véhicule. Voire d’un conflit difficile et/ou douloureux. Au sens psychique comme physique. Ainsi, je me rappelle qu’il y a 30 ans, un automobiliste a tué un conducteur avec une hache à cause d’une queue de poisson.

S’il est possible de relever l’identité commerciale d’un véhicule, il devient facile de se plaindre auprès de l’employeur. Ce qui constitue un risque de sanction pour l’employé. Dès lors, les comportements au volant des conducteurs dont les véhicules comportent des adresses et des téléphones et, à plus forte raison, des dénominations commerciales, posent moins problèmes. Ce qui n’est pas le cas des conducteurs de véhicules non reconnaissables. Sans marque distinctive. Pourquoi cette différence?

Le syndrome de la camionnette blanche: Rien à assumer

Je me suis posé la question, et mon sentiment, ou mon interprétation, vaut ce qu’il vaut. Comme d’habitude, vous n’êtes pas obligé de le partager.

  • Les conducteurs de camionnette blanche sont pressés. Cela repose sur leurs conditions de travail. Des contraintes professionnelles. La satisfaction de leurs objectifs. En fait, je me trompe. Ils sont en urgence constante.
  • Les conducteurs de camionnette blanche ne sont pas propriétaires dudit véhicule
  • Ces même conducteurs ne sont pas les assurés
  • Ces camionnettes blanches sont louées. Le plus souvent.

Ces “avantages” permettent comme je l’écris plus haut de ne pas prendre la mesure de certains risques. Ainsi:

  • Ils s’arrogent la priorité. Ils travaillent, eux! Nous, quand on conduit, “on bulle”. On se promène. Tout le monde sait cela, voyons!
  • Les conducteurs de camionnette blanche ne sont pas propriétaires du véhicule qui leur est confié. Ils attachent une moindre importance à cet outil de travail. S’ils le payent de leur poche, comme leur propre voiture, il y a de fortes chances pour qu’ils y fassent plus attention
  • S’il y a un accident, leur responsabilité civile et pénale est engagée. Mais leur bonus en tant que conducteur n’est pas mis en cause. Le véhicule peut être conduit par n’importe quel salarié. Cette camionnette fait l’objet d’une assurance dite de “flotte”
  • Si le véhicule est immobilisé à la suite d’un accident, il est remplacé. Nous, si nous cassons auto ou moto, nous n’avons pas nécessairement les moyens d’en louer ou d’en acheter un autre

Le syndrome de la camionnette blanche: Un important facteur de stress

Moralité? Beaucoup de conducteurs de camionnette blanche se moquent totalement d’abimer le véhicule qui leur est confié. Ce n’est pas à eux. Ce n’est pas eux qui assument en cas de problèmes.

Nous, ou certains d’entre nous, avons peur de ces véhicules qui roulent en toute impunité. Du moins, trop souvent. Du coup, on est parfois angoissé, stressé, à l’approche d’une camionnette blanche.

Alors, on est en réaction, parfois inconsciente, et on conduit plus mal. Voire, on est pris d’angoisse au volant. Et, là encore, en essayant d’éviter un accident, on le provoque. Ce qui permet au conducteur de la camionnette blanche de s’en prendre à nous. Et la boucle est bouclée! Ils sont victimes. Nous sommes bourreaux.

Cela me fait penser aux comportements de beaucoup de conducteurs d’ambulances. Ceux-ci, bien trop souvent, oublient que seuls les véhicules de police, les pompiers, et les ambulances de type SAMU* ou SMUR**, sont vraiment prioritaires. Les ambulanciers jouent beaucoup trop souvent, à mon goût, sur l’ambiguïté que leurs fonctions génèrent.

Nous réagissons comme quand on sent que l’autre, à côté, dans un embouteillage, tente de nous carotter. Mais il ne nous aura pas et… bang! Accident. Engueulades. Doigts levés. Menaces. Esbroufes. Le conducteur de camionnette blanche est viril. Lui. On veut se la jouer “affirmation de soi“? On est quitte, au mieux, pour un gros coup d’énervement et d’orgueil. Au pire, pour un constat.

Le syndrome de la camionnette blanche: Moi aussi…

C’est ce que, pour partie, il m’arrive la semaine passée. Une double voie. Des travaux. Puis une seule voie. Je le vois l’autre, là, avec sa grosse camionnette blanche. Il essaie de tenter un passage sur la voie sur laquelle je suis.

Je donne un petit coup d’accélérateur. Je m’impose du bout de l’aile avant. Et, hop. L’impétrant se remet à sa place. Mais, 100 mètres plus loin, il essaye de nouveau un dépassement à l’arrache. Le bougre. Mais, cette fois-ci, de façon très appuyée. Or, devant moi, il y a un ilot solide. Drame. Que faire? Je fais l’objet d’un coup de pression. D’une manipulation du fait de la taille du véhicule.

Le conducteur insiste. Je décide de ne pas me laisser faire. Je justifie mon comportement d’opposition par le fait qu’il ne me demande pas si j’accepte de le laisser passer. Il ne met pas son clignotant. Et je ne sais quoi d’autre encore pour justifier ce qui va suivre. “Il ne va pas me le faire à l’esbroufe” me dis-je.

J’accélère entre l’avant de la camionnette blanche et le plot au sol. Lui aussi. J’ai une demie aile droite d’avance. Il freine brutalement. J’entends un bruit sourd dans la caisse de la camionnette blanche A l’arrière de la cabine. Ce qu’il transporte est tombé. Il me hurle dessus. J’en fais de même. A ceci près que je hurle dans les oreilles de mon épouse. Qui se recule. Je suis penché sur elle. Tel un goujat, je l’ignore. J’invective le conducteur de la camionnette blanche.

Le syndrome de la camionnette blanche: Je ne vaux pas mieux

Je passe en force. Le conducteur de la camionnette blanche derrière moi. Je fulmine. Puis, doucement, ma femme m’exprime sa façon de voir les choses. J’ai honte. Je m’excuse. Me justifie.

Je me sens très énervé. Très bête. Je me suis fait du mal pour une question d’orgueil et de malhonnêteté intellectuelle. Ou sociale. Je ne sais pas. Enfin, si. C’est un problème d’ego. Comme quand les hommes, les mâles dominants, jouent à celui qui a la plus grosse. C’est ridicule. Nous aurions pu avoir un accident. Tout çà pour des questions d’absence de respect de l’autre. De refus obstiné de lâcher prise. C’est lamentable.

Voilà. C’est tout çà le syndrome de la camionnette blanche. L’absence de respect. Le problème d’égo qui se résout par la peur infligée à l’autre. En l’écrivant, je prends acte que ce syndrome s’applique dans bien des domaines de la vie. Pas exclusivement celui du comportement sur la route. Je vous laisse imaginer combien cela me désole. Et ce d’autant plus que je l’alimente moi aussi.

Cela me rappelle mon comportement quant, à 20 ans, après mon bac, je suis recruté pour être chauffeur-livreur pendant les 2 mois d’été. J’y repense, et puis… Je vous en parle une autre fois.

Le syndrome de la camionnette blanche. Comment ne plus avoir peur, et ne plus stresser.

Si vous souhaitez partager votre expérience à propos du syndrome de la camionnette blanche, utilisez le formulaire. Juste en dessous de cette article.

 |  Frédéric Arminot

*   SAMU – Service d’Aide Médicale d’Urgence
** SMUR – Service Mobile d’Urgence et de Réanimation

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