Homosexualité: L’angoisse d’être homosexuel(le), ou la peur d’être gay

Homosexualité - Angoisse d'une nature sexuelle

Dès le début de ma carrière de coach comportemental, je suis particulièrement étonné par le nombre – important – de personnes qui me contactent au sujet d’un problème particulier. La peur d’une homosexualité “cachée”. Celle d’être homosexuel(le). La peur d’être gay.

Jeune (le temps passe), je me souviens fort bien m’être posé la question de ma nature sexuelle. De mon identité sexuelle. Je suis troublé par certains jeunes hommes de mon âge dont il émane une certaine féminité. Non pas que j’associe l’homosexualité masculine à une féminité exacerbée. Ou l’homosexualité féminine a un comportement masculin. Juste une sensibilité particulière que je n’ai que fort rarement retrouvé chez les hétéros. Dont je suis.

Quoiqu’il en soit, il est parfois de ces bizarreries que l’être humain est capable de s’infliger. Ainsi, la peur de l’homosexualité est vécue par certaines personnes comme une tare suprême. Comme si l’éventualité d’être gay est la peur la plus ultime. Celle qui fait d’un homme ou d’une femme, non plus une personne à part entière, mais un truc pas normal. Ne pas être comme tout le monde. Comme si l’homosexualité, ou supposée telle, est la garantie de ne pas être une personne normal(e).

En fait, cette peur d’être gay est le symptôme d’un autre problème. Et c’est ce vrai problème dont je souhaite vous parler.

Peur de l’homosexualité: Tous les mêmes!

Jean-François est un jeune homme qui fait un gendre parfait pour bien des mères en mal de compagnon pour leurs filles. Mais ce jeune homme est très perturbé. Sa mère me l’adresse en me suppliant de le recevoir au plus vite. C’est un jeune homme de presque 30 ans que je reçois à mon cabinet de thérapie. Il est comme émotionnellement sidéré. Depuis des semaines, il n’a de cesse de penser à une éventuelle homosexualité. Il a une “petite amie“. Une vie sexuelle épanouie. L’idée d’une homosexualité éventuelle génère chez lui une peur terrible, des crise de panique qui le rendent dingue (dixit).

Elle est mignonne comme un cœur Marie. Très féminine au sens ou un homme tel que moi peut interpréter la féminité. La grâce, la légèreté, habillée de façon sexy – au sens où elle inspire le désir -. On ne peut pas être indifférent, ou indifférente, à son charme.

Marie est jeune, 24 ans. Elle a des relations sentimentales qu’elle qualifie de normales avec des hommes. Elle répète ne pas avoir de problèmes avec sa sexualité. Et pourtant, elle sent bien que le charme de certaines femmes opère sur elle. Que son propre sexe ne la laisse pas indifférente. Elle n’a rien contre l’homosexualité. Mais elle sent, confusément, que quelque chose est entrain de modifier les paramètres de ses perceptions affectives. Voire sentimentales et sexuelles. Elle n’aime pas l’idée d’une homosexualité.

Pourquoi être si perturbé par la réalité?

Ali est un homme qui dit pratiquer le sport d’une façon particulièrement active. Il se dégage de lui une image très douce malgré ses airs bourrus. Lui, seules les femmes l’intéressent. Mais, il y a quelques mois, Ali tombe amoureux d’un homme. Il n’en parle à personne. Et rien ne se passe entre lui et cet homme qu’il aime tant.

Il ne comprend pas. Se protège des hommes comme il peut. Il va jusqu’à répugner leur serrer la main. Comme à être trop à proximité physique des gens du même sexe que lui. Il est très en colère. Je le trouve même à la limite d’une violence mal contenue. L’idée de son éventuelle homosexualité lui est impossible. Insupportable. Il me consulte pour sortir de ce qu’il qualifie lui même d’enfer.

Le point commun entre ces trois personnes? Le même. Tous les trois vivent dans la peur d’une supposée homosexualité. Voire pire. Au sens de l’un d’entre eux. Être bi-sexuel.

Homosexualité: C’est quoi le problème?

Être homosexuel(le) consiste donc à avoir une relation sentimentale avec une personne de même sexe que soi. Ou à éprouver de l’intérêt ou du désir pour une personne du même sexe que soi. Qui dit ressentir cela, à compter d’un âge que je ne sais déterminer, éprouver de l’intérêt, du plaisir à partager des moments sociaux, culturels, intellectuels, professionnels pour une autre personne de même sexe que soi. Qui dit éprouver ce plaisir laisse entendre que – parfois – cela évolue en désir affectif puis sexuel. Si affinités.

Être homosexuel(le) c’est accepter d’être différent. Différent du plus grand nombre. Différent au sens où l’on se sent épanoui(e) dans une relation avec une personne comme soi. Que l’on est prêt à assumer. Voire à revendiquer sa différence. En bref, à vivre.

Il s’agit donc d’accepter de ne pas être “comme tout le monde”. C’est à dire hétérosexuel. Encore faut-il assumer quelque chose. Cette homosexualité, qui, dans le conscient ou l’inconscient collectif, est, des siècles durant, jugée comme une maladie mentale, une perversion, une déviance.

Homosexualité: Une question de culture et d’éducation

Je vous rappelle que dans certains pays, l’homosexualité est un crime passible de la peine de mort. Dans notre belle Europe, en France, il y a à peine 30 ans, l’homosexualité est soignée au même titre qu’une maladie mentale. Trés récemment d’ailleurs, un médecin s’est illustré en proposant de soigner l’homosexualité avec de l’homéopathie. Si ce médecin voulait faire parler de lui, c’est gagné.

Force est de constater que l’homosexualité suscite des débats et des comportements passionnés depuis toujours. La différence est un problème même pour le Pape François, chef de l’église catholique. Il suggère que les enfants qui présentent des comportements susceptibles d’être assimilés à une homosexualité latente, consultent des psychiatres. C’est le cas de le dire. Mon dieu.

Peur d'être homosexuel. Peur d'être gay. Comment faire?

Homosexualité: L’histoire de la nature

Chez les Grecs, au temps de l’antiquité, l’homosexualité est normale. C’est même la vraie et la seule sexualité. Les relations sexuelles entre hommes et femmes ne se conçoivent que dans une optique de reproduction.

La femme n’est qu’un élément porteur de l’enfant. Elle n’est pas considérée comme un élément probant de désir sexué. L’homosexualité est donc normale dans une société à laquelle, aujourd’hui encore, nous n’avons de cesse de nous référer en termes intellectuels et culturels.

Notre société évolue au sens où elle se modernise (il paraît). Cela signifie qu’elle se dote de divers moyens pour être plus productive. Pour se rendre le quotidien plus facile (il paraît bis). Il y a par exemple l’amélioration des conditions de travail. L’ouverture sur le monde (tu parles…). L’informatique. La médecine.

Pour autant, cette société qui se modernise et qui prétend avancer avec son temps fait preuve de comportements pour le moins rétrograde quant à la différence avec tout ce qui n’est pas conforme à son histoire, à sa culture. N’est-ce pas en ces termes, sur cette question de différences culturelles et sociales, qu’il nous faut appréhender et gérer l’angoisse de l’homosexualité, la peur d’être gay?

La peur d’être gay

Vivre son homosexualité signifie vivre des relations privilégiées avec une ou des personnes de même sexe que soi. Relations que la plupart des gens ne considère pas comme naturelles. Normalité, quand tu nous tiens.

Que de jugements de la part de gens qui ne savent pas ou n’acceptent cette différence dont on taxe l’homosexualité. J’en veux pour mémoire les débats passionnés, mais violents, que suscite le mariage pour tous, et l’homoparentalité. Les risques sont légion que de quolibets et autres moqueries imbéciles, au risque de mises à l’index et d’exclusions pour cause d’homosexualité.

L’homosexualité signifie non seulement s’accepter dans son désir de l’autre, mais aussi s’assumer comme source et expression de désir. Partant, un homme est susceptible d’être dépourvu par un désir qui le fait s’interroger sur sa propre sexualité. Dès lors, il y a de quoi être pris d’angoisse, voire de crise d’angoisse. Pour certaines personnes, cela les bouleverse au sens où un tel désir remet en cause leur équilibre psychique et physique. Tout comme l’image que l’on a de soi, et la confiance en soi.

A ce sujet, je me réfère aux patientes et patients qui me consultent à propos d’une peur d’homosexualité supposée. Ou crainte. Je me remémore le désarroi dans lequel cela les plonge. Je garde en mémoire cette peur particulièrement importante qui est la leur. Toutes leurs valeurs sont remises en cause. Celles-ci, durement acquises et comprises, sont mises à mal. Le positionnement des intéressés dans leur propre vie. Comme leur relation aux autres. A leur propre famille. A leurs amis. Aux collègues de travail.

Quand le soupçon du désir rend coupable

Les personnes bouleversées par des désirs relevant de l’homosexualité et issues d’une culture maghrébine ou orientale sont encore plus fragilisées. Elles ressentent une honte et une culpabilité particulièrement douloureuses. Ces hommes et ces femmes repoussent l’éventualité de leur homosexualité avec force. Je me souviens d’un patient d’une beauté inouïe qui assume très bien son homosexualité. A ceci près qu’il la cache à ses parents. Et vit dans la peur d’être découvert. Il passe son temps à mentir à tous les membres de sa famille.

En agissant de la sorte, il est affecté de troubles anxieux qui lui rendent ses relations avec les autres assez difficiles. Il passe son temps à jouer un rôle. Et ce d’autant plus qu’il se sent femme et ne peut vivre sa transsexualité ou le transgenre dont il se prévaut comme il en éprouve le besoin.

Nous essayons de travailler sur son positionnement quant à son homosexualité. Jamais nous ne sommes arrivés au résultat escompté. Mais je soupçonne ce jeune homme d’agir de sorte à mettre en échec les professionnels qu’il consulte. Se présenter à sa famille dans sa réalité et son identité propre lui est insupportable.

Malgré ses résistances au changement – s’accepter devant les autres, tous les autres – Il a le sentiment d’être un traître. Il est très angoissé à l’idée de faire du mal à ses parents. Seul son frère cadet est informé de cette identité sexuelle. Lequel frère est lui aussi dans une difficulté quant à sa propre homosexualité.

Comment dépasser la peur de l’homosexualité

Dans le parcours de vie d’un homme ou d’une femme, et à plus forte raison quand vient le moment de s’affirmer dans son identité sexuelle (cf. coming-out), il est normal de se poser des questions à propos de sa propre sexualité. Tout comme il est compréhensible d’être bouleversé. Voire très angoissé, à l’idée de ne pas être comme tout le monde.

Dans le même registre, il est bien compréhensible d’être perturbé par le désir que l’on ressent pour une personne du même sexe que soi. Et ceci, alors que l’on éprouve du plaisir dans une ou des relations sentimentales hétérosexuelles.

A 20 ans, je me souviens m’être posé ce type de questions alors que, plusieurs jours durant, un ami et moi avons dormi dans le même lit. Nos discussions à propos de notre sexualité, comme à celui de certains de nos comportements assez troubles. A deux dans ce lit, confusément, je me suis posé la question de ma propre homosexualité.

Je me suis posé la question de mon éventuel désir pour cet ami. Toute normale et légitime que soit ma question, ma réponse demeure exclusivement hétéro. Je pense qu’il en est de même pour lui. Nous nous sommes bien gardés d’en parler l’un avec l’autre nous par peur de nos réactions respectives.

Quand la solution est là où on s’y attend le moins

C’est en acceptant l’éventualité d’être gay, et/ou d’éprouver un désir homosexuel et, partant, la possibilité d’assumer mon homosexualité, que je dépasse ce que je ne vis pas nécessairement comme un problème.

Bien sur, si cette homosexualité s’affirme, je peux me sentir perturbé. Mais je ne me pose pas la question de savoir si c’est bien ou mal. C’est, et c’est tout. Pourquoi en faire un problème? Là est la vraie question.

Je n’ai pas eu peur de perdre l’amour des miens. Et encore moins d’être exclu. Simplement, je comprends que mon orientation sexuelle est celle là. Sans doute, je l’accepte par amour pour moi. Bien que, je le reconnais, à l’époque, les choses ne sont pas si simples pour moi. Dans tous les cas, m’accepter est ma réponse à la peur d’être jugé pour ce que je suis. Et non pour l’image que je me dois de donner de moi aux autres.

D’ailleurs, à bien y réfléchir, n’est-ce pas là que se situe le problème? Dans l’amour inconditionnel? Ne pas être pas comme tout le monde fonde la peur d’être mis à l’écart. D’être jugé. De se sentir anormal. Voire malade. A preuve, le nombre de patients qui me consultent et  m’informent consommer force médicaments car ils sont dépressifs à l’idée d’être homosexuel ou homosexuelle.

C’est en travaillant sur la confiance en eux, l’image qu’ils ont d’eux mêmes, puis sur l’acceptation de soi, qu’ils dépassent – parfois – le problème de l’angoisse de l’homosexualité.

Homosexualité: Ne pas dénier – ni renier – la réalité

Celles et ceux qui refusent, parfois violemment, cette éventualité, en sont quitte pour une dépression importante. Ils sont confrontés à des conflits intra psychiques (phobie). Pourquoi? Simplement parce qu’ils ne s’envisagent, et ne se positionnent, que dans la peur du jugement des autres à leur endroit. Plus difficilement par rapport à eux mêmes.

C’est en refusant catégoriquement l’éventualité de leur homosexualité qu’ils se  retrouvent face à des gros problèmes émotionnels. Un peu comme quand un homme ou une femme refuse l’idée que sa compagne ou son compagnon puisse ne plus l’aimer. Ou le quitte un jour.

Pour en finir, provisoirement, ce n’est pas parce que vous êtes bouleversé(e) par une émotion de désir, que votre ressenti s’apparente à de l’homosexualité. Ni que vous ressentez du désir à propos du personne de même sexe que vous que vous êtes dégénéré. Et encore moins pervers, homo, anormal. Ou encore malade. Et bon à soigner.

Personnellement, je suis parfois bouleversé devant les images de Johnny Depp. Il est d’une beauté que je trouve époustouflante. Cette beauté ne me laisse pas indifférent. Et après? Je ne me sens pas homosexuel pour autant. Je sais quelle est ma nature sexuelle, et ne vit pas mon émotion au sujet de cet acteur comme un problème.

Homosexualité: Des réalités émotionnelles

Au delà , vous faites de l’homosexualité un problème que si vous le voulez bien. Je sais que lorsque j’écris cela certains d’entre vous me déteste. En toute homme, il y a une part de féminité. En toute femme une part de masculinité. Le plus simple n’est-il pas de l’accepter? Pourquoi refuser l’idée de votre sensibilité?

C’est comme si, homme, genre mâle dominant, vous êtes en colère parce-que vous pleurez devant une scène de film. Pourquoi refuser la preuve de votre sensibilité face au monde qui vous entoure? Je comprends que cela puisse générer chez vous angoisses, ou crises d’angoisses. Voire crise de panique. Mais, soyons clair. C’est ce qu’il vous arrive tant que vous refusez votre réalité.

Cette réalité peut être ponctuelle. Ou permanente. Un peu comme avec un(e) employeur. On peut éprouver le désir de suivre un employeur, un directeur ou une directrice de département au bout du monde. On peut être du même sexe que l’intéressé(e). Ne jurer que par cette personne. Se sentir ému(e) de sa présence. Cela fait-il de vous un être humain coupable d’homosexualité? Vous ne faites ni ne ressentez rien de répréhensible. Ce qui s’exprime en vous en termes de conflit intérieur, c’est le jugement de la société. C’est votre culture. Votre éducation.

Homosexualité: Se poser les bonnes questions et agir

Le problème ne réside t’il pas plus dans les limites que vous mettez dans vos relations à l’autre? Ceci pour, éventuellement, vous protéger de l’éventualité qu’il ou elle profite de son charme à votre détriment. La peur de ne pas y arriver vous angoisse. C’est normal. Alors, parlez en autour de vous. Ou consultez un thérapeute si vous en éprouvez le besoin. Ainsi, vous serez fixé quant à votre réelle ou supposée homosexualité.

Angoisse d'être homosexuel(le). Peur de l'homosexualité.
 |  Frédéric Arminot

Comment reprendre le contrôle de votre vie facilement et rapidement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut