La phobie d’impulsion

Phobie d impulsion

La phobie d’impulsion

C’est une jeune femme d’une douceur extra ordinaire. Elle semble effacée, si discrète que j’ai l’impression qu’elle a comme peur de me déranger. Je lui trouve le visage fatigué. Elle semble sortie d’une nuit de sommeil agitée. Elle tremble un peu, à la voix mal assurée. Elle semble s’asseoir avec difficultés, comme si, encore une fois, elle avait peur de déranger ou… de mal faire. J’ai l’impression de recevoir quelqu’un à mon cabinet de thérapie comportementale qui serait rempli de honte et de culpabilité. Je découvrirais que c’est le cas. Madeleine s’en veut terriblement. Elle souffre d’une phobie très particulière. Elle souffre de phobie d’impulsion.

Définition de la phobie d’impulsion

Dans cette appellation, deux mots apparaissent:

  1. Phobie
  2. Pulsion

Comme vous l’aurez compris, une phobie est une peur, une angoisse. Peur de souffrir de quelque chose dont on n’a pas nécessairement idée. En effet, l angoisse est le plus souvent liée à un évènement que l’on redoute ou à une situation que l’on craint sans que l’on ne sache précisément ni pourquoi, ni comment. Ce type de stress est donc la conséquence d’une perception irrationnelle qu’il est très difficile de contrôler: la phobie d’impulsion.

La pulsion repose sur un désir, une nécessité impérieuse que l’on a toutes les peines du monde à maitriser. Nous avons tous des pulsions dans tous les domaines de notre vie. Au risque de vous choquer, nous pouvons tous avoir des envies de meurtre à ceci près qu’il nous appartient de les contrôler ! Dans l’idée de pulsion, et par extension de phobie d’impulsion, s’opposent deux phénomènes: un désir ardent et la maitrise du passage à l’acte. Entre les deux, il peut donc y avoir un fossé ou un seul… geste…

La phobie d’impulsion résulte donc d’une envie irrépressible, ou très difficilement contenue du désir d’un passage à l’acte dont on sait qu’il est grave, au sens de ses conséquences. La phobie d’impulsion résulte donc de ce désir pulsionnel associé à la peur du passage à l’acte. Sachant que la phobie d’impulsion est plus généralement orientée vers des personnes pour lesquelles nous éprouvons des sentiments nobles et positifs, comme, par exemple, l’amour.

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La phobie d’impulsion – Le désir irrépressible de faire du mal

Phobie d'impC’est ce dont souffre Madeleine. Elles est victime d’une phobie d’impulsion dans la mesure où elle ressent une peur terrible à l’évocation mentale de son désir soudain, d’étouffer son enfant. A phobie d’impulsion ne fait pas d’elle une meurtrière mais plus quelqu’un qui, affectée de confusions mentales, transfère son mal être, voire sa colère, vers une tierce personne.

Un tel acte, s’il devenait réalité, aurait pour effet, ou conséquence, de montrer à Madeleine qu’elle est une mauvaise personne puisqu’elle fait, ou ferait, du mal à l’être qu’elle chérit le plus: son enfant.

La phobie d’impulsion n’est pas exclusivement dirigée sur les autres. Elle peut être axée sur la peur de se faire du mal à soi. Dans tous les cas, il est important de comprendre que la phobie d’impulsion est un désir très difficilement contrôlé qui renvoie à la personne qui en est affectée une image très dévalorisée. Comme si l’intéressée cherchait à se prouver par un passage à l’acte qu’elle ne vaut rien ni n’est acteur de bien pour personne. En bref, qu’elle est un vrai danger public !

La phobie d’impulsion – Une angoisse permanente

Madeleine m’explique qu’elle passe des nuits douloureuses. Elle souffre de trouble de l’endormissement, fait souvent des crises de panique nocturnes. Il lui arrive même de passer des nuits blanches.

Au cours de ses nuits, cette jeune femme n’a de cesse de se poser mille et une question quant à la façon dont elle pourrait éviter le pire. De la même manière, et dans les mêmes conditions, elle ne cesse se poser la question de savoir comment elle en est arrivée là. Comment et pourquoi est-elle victime de phobie d’impulsion. Autant de questions sans réponse, et qui participent à donner un caractère obsessionnel à l’ensemble. C’est ce « jeu » si particulier des pensées obsessionnelles ou ruminations.

Autant de questions qui restent sans réponses ce qui participe à générer une angoisse permanente autant chez Madeleine que chez tous les patients qui sont venus me consulter pour un trouble phobique identique.

Cette personne a peur, en permanence, de passer à l’acte. Et, comme je l’ai précédemment crut, elle est dans une fragilité émotionnelle extrême. C’est donc lentement que nous allons essayer de dé tricoter les fils de sa phobie d’impulsion pour finir par découvrir et comprendre qu’elle n’est qu’un symptôme. Et le symptôme de quoi allez vous me demander?

Au fur et à mesure que nous progressons dans la thérapie, ma patiente et moi comprenons qu’elle est d’autant plus victime de troubles anxieux qu’elle vit aux côtés d’une personne perverse et narcissique ! Cette dernière n’a de cesse de la diminuer, de l’humilier, de toujours contester ces faits et gestes, de lui reprocher d’être une mauvaise mère. Dans la même veine, sans son amour, Madeleine ne serait rien ni personne. En bref, Madeleine n’existe que parce que l’amour d’un tiers s’exerce mais qu’il est bien le seul à suffisamment l’aimer pour supporter une femme si… mauvaise.

Le temps aidant, ma patiente s’est convaincue de tous ces maux qui lui sont reprochés. Elle est persuadée d’être une mauvaise femme, une mauvaise mère, une mauvaise compagne. Et, pour s’en persuader plus encore, cette femme Culpabilité - Phobie d'impulsiond’à peine 35 ans, contracte une phobie d’impulsion.

Rien de tel pour se sentir encore plus honteuse et coupable et se convaincre pathologiquement qu’elle ‘est décidément bonne à rien. Son pervers de compagnon a donc raison…

Nous nous emploierons à démêler cet écheveau. Non sans mal, puisque ma patiente est aussi atteinte de dépression. Elle est exsangue, dort mal, s’alimente peu. Elle n’envisage pas de pouvoir reprendre son autonomie. C’est pourtant ce à quoi je l’encourage.

C’est grâce à des exercices comportementaux que nous réussirons à la sortir de l’ornière terrible dans laquelle elle se trouvait depuis des années.

Aujourd’hui, alors que je n’ai pas revu Madeleine depuis 2 ans, je sais qu’elle a quitté son compagnon, qu’elle a emménagé dans un nouvel appartement, obtenu la garde de son enfant. J’ai même cru comprendre qu’il y avait un nouvel homme dans sa vie et que c’est, sans hésitation, qu’elle s’affirme à ses côtés.

En bref, ma patiente a repris sa vie en mains. Angoisses et phobie d’impulsion ne sont plus que de lointains souvenirs.

Comment soigner une phobie d’impulsion

Il est une constante dans la prise en charge de ce type de pathologie c’est qu’il est totalement inutile de rationaliser autour du problème. En effet, plus vous essaierez de vous convaincre que vous ne passerez pas à l’acte, plus vous aurez peur du contraire !

Notre culture veut, voire exige, que nous ayons des comportements rationnels à l’égard de ce type de phobie. Un peu comme à propos de la phobie des oiseaux ou la phobie des insectes. Si cela fonctionnait, cela se saurait et vous ne seriez pas entrain de lire cet article. Il convient donc d’utiliser des exercices issus du langage hypnotique qui donnent d’excellents résultats.

Ces exercices qui n’ont pas nécessairement de liens avec l’hypnose Ericksonnienne permettent de rentrer dans le problème, la phobie d’impulsion, plutôt que de le contourner. Une telle technique favorise une régulation très rapide des émotions afférentes à une phobie d’impulsion. De telles stratégies thérapeutiques reposent sur des paradoxes. Cela signifie que, plutôt que de contrôler le problème, on aggrave le problème pour qu’il se régule de lui même.

Cela intervient donc directement sur les émotions que le cerveau contrôle de sorte à en accroître le rythme et l’intensité afin que le système nerveux central s’affole puis se régule par nécessité de retrouver l’équilibre. C’est dingue mais çà marche ! De telles méthodes, comme d’autres, sont précisément celles que j’utilise tous les jours au cabinet comme dans le Programme ACE. C’est le même procédé thérapeutique qui est utilisé pour traiter les crises d’angoisses et autre phobie d’impulsion.

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A Propos de 

Frédéric Arminot Comportementaliste depuis 18 ans | Approche systémique de Palo Alto| TCC | Thérapie comportementale | Angoisse | Anxiété | Phobie | Stress | Jalousie | Dépression | Harcèlement | Prise en charge Post Traumatique après agression ou accident - PTSD

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2 thoughts on “La phobie d’impulsion

  1. Khawla El Masnaoui

    merci pour toutes les informations j’aimerais bien savoir si les phobies d’impulsion sont des maladies chroniques

    Reply
    • Frédéric Arminot Post author

      Bonsoir,

      On entend par maladie chronique, une répétition. Il s’agit donc de quelque chose qui dure, est installé dans le temps. La phobie d’impulsion, et tous les troubles du comportement en général, ne sont pas nécessairement chroniques. Ils peuvent tout à fait être ponctuels et, par conséquent, ne pas durer. Encore faut-il avoir trouvé la solution pour ce faire.

      J’espère avoir répondu à votre question. N’hésitez pas en cas de besoin de précisions complémentaires. Bien cordialement.

      Frédéric

      Reply

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